mercredi 31 octobre 2007

Le mythe Jesse James ("le méchant n'a pas d'amis")


Pourquoi Jesse James a-t-il été aimé, voire idolâtré, à ce point? Quelqu'un le sait-il? Est-il vrai qu'il redistribuait l'argent volé, aux pauvres?

Parce que dans le film "L'assassinat de Jess James par le lâche Robert Ford" il n'a rien de franchement sympathique.
Il serait même plutôt l' incarnation du "méchant" d'Aristote ( "Le méchant n'a pas d'amis car il ne s'aime pas lui-même" Ethique à Nicomaque, Livre 9 , §4).
Il y a quelque chose qui m'échappe.. le seul fait de voler (et tuer..) des riches justifie-t-il une telle aura?

"Tout homme a son prix pour lequel il se vend"


Cet adage se trouve chez Kant... (pour un résumé de la morale de Kant, qui cite cette formule, lire le chapitre 6 de mon Cours particulier)

Sinon, pour les commentaires concernant la manière dont le patronat "lubrifie" les rapports sociaux, c'est la UNE de Libé ce matin

Réforme des institutions: une démocratisation bien venue

Pour éviter tout contresens sur le projet Balladur, lisez le papier de Alain Duhamel ce matin dans Libé: "le malentendu"

Comment je suis devenu français, un livre de Jacqueline Remy


Comment je suis devenu français (par LHL)



" Ce sont des valeurs qui font tenir les français ensemble, celles de la République, héritées des Lumières : laïcité, universalisme, égalité entre les hommes et les femmes, liberté de pensée et d'expression. Mais ils l'oublient parfois, et, tout à leur individualisme, ne savent plus quel projet ils ont en commun " Ces mots de Jacqueline Remy, en ouverture de son livre " Comment je suis devenu français " appellent le spleen - nous ne savons plus que la France est une " âme ", notre foi commune - et les raisons de ne plus s'y abandonner. Car -son livre le démontre- il n'est pas vrai que nous n'avons plus confiance en notre " projet " humaniste, ou que nous ne sommes plus fiers de ce que la France continue, envers et contre tout, d' incarner. En revanche, il est exact que nous avons tendance à l'oublier, à nous détourner de ces idéaux qui nous définissent, parfois même à notre insu. Jacqueline Remy a interrogé vingt personnalités devenus françaises en partie par nécessité, mais aussi et toujours par choix, et qui font honneur à la France. Elles constituent désormais, d'une certaine manière, des figures de " notre roman national ".
Leur témoignages sont passionnants, édifiants, et, dans certains cas, bouleversants. Leur voix mêlées dans ce judicieux recueil sont surtout porteuses de bonne humeur et d' un humanisme revigorant : oui, nous avons, sinon raison, du moins des raisons, d'être fiers d'être français. Même s'il n'est pas très courant, ni surtout très " politiquement correct " de la proclamer aujourd'hui.
Rachid Arhab, Enki Bilal, Jane Birkin, Français Cheng, Mercédes Erra, Marcel Jacub, Marin Karmitz, Julia Kristeva, Robert Maggiori, Aïssa Maïga, Roxana Maracineanu, Rio Mavuba, Mahyar MOnshipour, Aldo Naouri, Safia Otokoré, Bounmy Taatanavan, Hubert Reeves,Tzvetan Todorov, Sylvie Vartan ; Rama Yade-Zimet
Voir aussi le blog Poste restante

Etre français aujourd'hui par Jacqueline Remy





"Vue de loin, l'identité française paraît si puissante et lourde de sens qu'elle prend des allures de mythe. Comment imaginer, quand on en a rêvé, qu'elle soit en danger?Alors on se glisse dans les interstices du pays, on se fond dans la foule, on se mélange, on se marie, on mue. Un jour, on est français. On l'a voulu. Ou non. Mais on sait qu'on participe à la construction de l'identité nationale.On est bien placé pour "mesurer, désormais, qu'un homme ou une femme ne peut être réduit à sa nationalité, de même qu'il ne peut l'être à son sexe, à son âge, à son ethnie, à sa religion, à son origine sociale ou géographique. On sait aussi qu'un changement de nationalité ne peut se résumer à une formalité juridique ni à une équation politique. Adopter un pays, sa langue, son peuple, c'est l'embrasser. Une histoire de parfums, de saveurs, de beautés, de culture, d'idéaux, d'icônes et de héros, de paysages et de rencontres, de sucré, de salé, de sacré. Une histoire très sentimentale.Les vingt personnalités qui témoignent ici ont réussi, à un titre ou à un autre, à se faire applaudir des Français. Leur histoire finit bien. Ces hommes et ces femmes sont venus de continents variés, à des âges très divers. Leur arrivée en France est le fruit des secousses de l'Histoire, de leur vie familiale ou de leur itinéraire personnel.Tous sont liés à ce pays par un fil tissé de tant de désirs contredits, de souvenirs aigres-doux, de petits bonheurs, d'efforts et de triomphes qu'ils en perçoivent les reliefs avec une acuité particulière. Leur regard à chacun est précieux, leur histoire parfois poignante. De la juxtaposition de leurs témoignages, émane tant d'appétit, d'énergie, de passion et d'interrogations qu'on ne peut s'empêcher de penser que le pays a de la chance de les avoir"


.Jacqueline Remy Comment je suis devenu français Prologue

Etre français aujourd'hui (extrait du livre de Jacqueline Remy)



A propos de l'universalité:






Marin Karmitz :" Au-delà de ce pays, j'appartiens à l'humanité. Qu'est-ce qui est digne d'être de l'ordre de humain, sachant que la trilogie liberté-égalité-fraternité est sans doute un exemple de ce que l'humanité a fait de mieux ? "

Robert Maggiori :" Pour moi, être français, c'est avoir des valeurs dont la propriété est d'être universellement partageables. C'est ça, la grandeur de la France. Cela ne me fait pas peur d'utiliser des grands mots. La France, c'est Montesquieu par exemple,ou la Déclaration des droits de l'homme, ou Victor Hugo. L'égalité des droits, la séparation des pouvoirs, c'est l'essence de la France. Le sens de l'Etat, lui, est français ou allemand. La France, c'est encore Voltaire ou Descartes. Promenez-vous dans les jardins de Fontainebleau, vous verrez Descartes "... " L'idée même de l'universalisme est française. La France a donné cette idée au monde. Parfois, on n'ose le dire, de peur de paraître chauvin. Mais on a tort. Toutes les démocraties sont extrêmement heureuses d'avoir reçu cet héritage là "

Tzvetan Todorov : " Les valeurs , ce sont l'idéal républicain, la liberté d'expression, l'égalité des hommes et des femmes, ces principes inscrits dans nos lois et dont la transgression nous indigne légitimement "[...] " Mais on ne peut pas dire : " Pour moi, la France, c'est liberté,égalité, fraternité ". Ce serait une vision idéalisée du pays. La France, c'est aussi, par exemple un certain équilibre du spirituel et du matériel. Ce sont des manières de s'habiller, de manger, d'aimer la terre, de soigner la nature "

mardi 30 octobre 2007

Travailler plus pour gagner plus? ..





Quand même, l'augmentation du salaire du Président, plus l'augmentation de budget de l'Elysée, ça fait un peu désordre..

Sarkozy "unfair"


Très en colère..

Est-ce grave?

Cela me rappelle le coup de boule de Zidane.

A mon sens, il y a des limites à la goujaterie (des journalistes)



Redécouvrir Guitry


Une possible occupation pendant les vacances..
En fait il s'agit plutôt d'une découverte pour les gens d'un âge normal.. Rue 89

lundi 29 octobre 2007

Moi sans les autres? (réponse à Alexandra)


Puis-je être moi-même sans autrui?
Sur ce sujet, on peut lire :
l'Ethique à Nicomaque 8 et 9, de Arisote, sur l'amitié


Ou Platon :
Autrui,miroir de l'âme (webpédagogie)



et Huis Clos de Sartre,

Et pour passer un bon moment : Castaway, de Zemeckis, en DVD

Vacances de Noël compromises






Je viens d'entendre un délégué du personnel d' Air France:



"Le bras de fer ne fait que commencer. Nous programmons la grève pour les vacances de Noël"



Sympa...



(étant donné , je suppose, que la direction ne cèdera pas, car sinon, ce serait le signal vert pour toutes les autres catégories professionnelles qui attendent leur tour)...

Mieux vaut prévoir des vacances dans une région accessible en train (encore que, la SNCF...)



Ou en Velib?

Le mini-traité européen désormais approuvé par les français


Selon un sondage (France 24), 68 % des français voteraient oui, en cas de référendumn (pourquoi ont-ils voté non en 2005 à 55 %, quand on sait que c'est quasiment le même traité, mais qui a seulement changé de nom?)

61 % veulent un référendum (cela paraît risqué, vu les aléas de l'opinion, notamment socialiste, sur le sujet)

Paranoïd park de Gus Van Sant


Un exercice de style?

Un très bon film certes. Mouvements de caméra virtuoses, images de skateurs superbes, musique extra, directions d'acteurs...

C'est tout de même un tout petit peu creux, peut-être

Le sujet : on s'en fiche

Quant à la scène de l' "accident"... hum.

Lire la critique d'Elise avec laquelle je suis tout de même d'accord -malgré ces quelques réserves

7h58 ce samedi-là de Sidney Lumet

50 ans séparent 12 hommes en colère (1957), de 7h58 ce samedi-là, du cinéaste Sidney Lumet, sorti ce mois-ci sur les écrans parisiens. Le sémillant cinéaste de 84 ans n'a certes pas chômé entre temps! Plus de 50 films, divers et inégaux, jalonnent son parcours. Mais ce qui frappe à l'occasion de la sortie de celui-ci, c'est la belle constance avec laquelle le réalisateur démonte la mécanique tragique de la criminalité (presque ) ordinaire. Dans 12 hommes en colère, un homme seul lutte héroïquement pour sauver la peau d'un innocent. Dans 7H58 ce samedi-là, deux fils de famille désargentés enclenchent malencontreusement une machine infernale qui va les précipiter en enfer. Sidney Lumet nous offre dans chaque cas une éblouissante illustration du fameux adage socratique : " nul n'est méchant volontairement ". Les 11 jurés apathiques, lâches ou résignés de 12 hommes en colère ont tous leurs " raisons " (calcul, inconscience, bêtise..). Les frères assassins de 7h58 ce samedi-là ne sont pas non plus à proprement parler " méchants ". Le seul problème, c'est qu'ils " oublient " de prendre en considération les conséquences possibles de leurs actes. La conscience morale est chez eux court-circuitée par leurs seules préoccupations immédiates. L'enfer n'est ici pavé que d'absences d'intentions. Sidney Lumet démontre ainsi avec brio que le mal est bien souvent un processus sans sujet. Les auteurs d'un crime, d'une injustice fatale, ne veulent pas forcément nuire. Comme l'a montré Hannah Arendt à propos de Eichmann (Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal), le mal n'est rien d'autre que " absence de pensée ", autrement dit abstention de la volonté et démission morale. Socrate avait donc raison (Ménon, 77 c). Si personne n'est méchant, la criminalité, tantôt active, tantôt passive, n'est jamais qu'une affaire de circonstances.

La grève



Franchement, les employés d'Air France, les cheminots, les médecins, les juges, les avocats, et (bientôt) les fonctionnaires: ne sont pas les gens les plus à plaindre en France
Hier à Roissy:

Les vacances, suite..



Travailler???
Aller au cinéma?

samedi 27 octobre 2007

Merci Nicolas


Cette fois je parle de Nicolas Domenach.
Il a dit quelque chose qui m'a beaucoup plu:

"Le succès de l'écologie, c'est le triomphe du féminisme en politique.
Pour les hommes, la politique, c'est la guerre, l' économique, le social...

Avec les femmes, désormais, on est passé aux choses sérieuses"


(il disait ça aussi contre Eric Zemour qui déplore la féminisation de la société et du politique en général)

Le mini-traité européen contre la démocratie ?

Le "mini traité" sera donc adopté puisque le PS vient enfin de prendre position en ce sens
Comment ne pas donner raison à Eric Zemour qui déclarait à l'instant sur Itélé: "l'Europe se fait contre la démocratie".
Le mini traité est à 95% peu près l'équivalent de la constitution que les français ont rejeté par référendum.
Cela prouve quoi?
Qu'il y a antagonisme entre démocratie et Europe. Car il peut arriver, d'après ceux qui dirigent l'Europe que les peuples "se trompent". Alors les décideurs , ici européens, passent outre.
Pourquoi voulez-vous qu'on refasse un référendum auquel logiquement les français devraient à nouveau dire non?
Pourtant (d'après moi!) on peut vouloir plus d'Europe, bien sûr; car ce n'est que de l'Europe que peuvent venir des dispositifs qui permettront peut-être:
1) De commencer à "réparer la planète"
2) De répondre aux pbs de l'immigration d'un commun accord
3) De repenser la démocratie, mais pour celle il faut admettre que la démocratie ce n'est pas seulement des élections
4) Lutter contre les dérives du marché, mais ensemble...
C'est aussi beaucoup d'autres choses, et notamment des institutions qui obligent les hommes à réfléchir et à se concerter et à s'accorder avant de prendre des décisions.

Blogueur's blues


Pierre Marcelle évoque ce matin dans Libé le cas d'un blogueur qui a fermé son blog (un million de visteurs par mois, il s'appelle Shulman ... et feu le blog : aftonbladet)
Motif: "le blog est devenu un monstre et je n'en peux plus"

"La soif de sang, le rire cruel et la vulgarité chronique de ses commentateurs" sont venus à bout de sa patience ".


(je vois ce qu'il veut dire. Jetez un coup d'oeil sur les forums d'allocine, par exemple. Je déplore pour ma part le fait que Libé désormais imprime les coups de gueule anonymes des libenautes)

Merci à vous , chers visiteurs, de ne jamais m'avoir déposé ce type de messages bêtement agressifs et grossiers.


C'est mon choix (de la liberté en démocratie)




La démocratie, c'est dabord la liberté d'expression, qui permet aussi à chaque citoyen de choisir les informations qui lui plaisent.

Donc libre à moi de préférer le divorce de Sarkozy à la grève. C'est le sujet de l'excellent billet de Mathieu Lindon dans Libé, dont je vous livre la conclusion:




"Selon la distinction racino-cornélienne, il semble qu'il y ait ce qui nous intéresse et ce qui devrait nous intéresser. Ce qui devrait nous intéresser: la disparition de la planète; la misère un peu partout et jusque chez nous; l'avenir des institutions européennes; le destin du Parti socialiste; la réforme constitutionnelle; les policières qui rentrent chez elles le soir sans être raccompagnées; les mariages qui tournent bien. Ce qui nous intéresse: la météo (ce serait légitime si ça ne nous passionnait à ce point); les scandales de tous ordres avec une préférence pour ceux où interviennent l'argent ou le sexe et spécialement ceux où tout est mêlé; les morts auxquels on ne pensait plus mais dont on dévore les nécrologies comme si c'était une occasion de reprendre contact, fût-ce la dernière; les mariages qui tournent mal. Même les pauvres ne sont pas égaux devant nous: on regardera plus volontiers un reportage sur les golden boys de Wall Street, ruinés par un krach, que sur les paysans mongols, dont la misère fait partie de l'identité. Et ce qui nous intéresse le plus dans la grève n'est-ce pas de savoir si on aura un métro, bus, RER ou train sur deux, sur trois ou sur dix?"


Mathieu Lindon, "Grève ou divorce, il faut choisir" (le 27 octobre 2007)


Les vacances commencent mal


Entre l'entretien de René Girard (voir ci-dessous) et le dessin de Plantu ce soir dans le Monde qui accompagne le compte rendu du rapport de l'ONU (Le cri d'alarme de l'ONU)

Il y a de quoi s'arracher les cheveux , non?

(par contre, bonne nouvelle: le PS ne s'oppose pas à la ratification du Traité europeén. Petite consolation...)

L'apocalypse a commencé


C'est ce que pense René Girard.
Extrait de son entretien dans le Figaro magazine:

Votre oeuvre porte un regard sombre sur notre époque . Cela signifie-t-il que « l'Apocalypse a commencé » ?
Cela ne signifie pas que la fin du monde est pour demain, mais que les textes apocalyptiques - spécialement les Évangiles selon saint Matthieu et saint Marc - ont quelque chose à nous dire sur notre temps, au moins autant que les sciences humaines. A mon sens, outre la menace terroriste ou la prolifération nucléaire, il existe aujourd'hui trois grandes zones de danger. En premier lieu, il y a les menaces contre l'environnement. Produisant des phénomènes que nous ne pourrons pas maîtriser, nous sommes peut-être au bord de la destruction par l'homme des possibilités de vivre sur la planète. En second lieu, avec les manipulations génétiques, nous pénétrons dans un domaine totalement inconnu. Qui peut nous certifier qu'il n'y aura pas demain un nouvel Hitler, capable de créer artificiellement des millions de soldats ? Troisièmement, nous assistons à une mise en mouvement de la terre, à travers des courants migratoires sans précédent. Les trois quarts des habitants du globe rêvent d'habiter dans le quart le plus prospère. Ces gens, nous serions à leur place, nous en ferions autant. Mais c'est un rêve sans issue. Ces trois phénomènes ne font que s'accélérer, une nouvelle fois par emballement mimétique. Et ils correspondent au climat des grands textes apocalyptiques. L'esprit moderne juge ces textes farfelus, parce qu'ils mélangent les grondements de la mer avec les heurts entre villes ou nations, qui sont des manifestations humaines. Depuis le XVI` siècle, sur un plan intellectuel, la science, c'était la distinction absolument nette, catégorique, entre la nature et la culture appartenait à la science tout ce qui relève de la nature, et à la culture tout ce qui vient de l'homme. Si on regarde ce qui se passe de nos jours, cette distinction s'efface. Au Congrès des Etats Unis, les parlementaires se disputent pour savoir si l'action humaine est responsable d'un ouragan de plus à la Nouvelle-Orléans : la question est deve nue scientifique.Les textes apocalyptiques redeviennent le donc vraisemblables, à partir du moment où la confusion de la nature et de la culture prive l'homme de ses moyens d'action. Dès lors qu'il n'y a plus de bouc émissaire possible, la seule solution est la réconciliation des ti, hommes entre eux. C'est le sens du message chrétien.

Achever Clausewitz, entretiens avec Benoît Chantre, Carnets Nord, 384 p., 22,E. et : De la violence à la divinité, Grasset, 504 p., 29 €.Samedi 27 octobre 2007 - LE FIGARO MAGAZINE

vendredi 26 octobre 2007

Ecolo-Sarko


Que de raisons de se réjouir (édito le Monde), même si certains points restent flous. Merci Hulot, merci Al Gore.
Juste deux points, à partir de ce que je viens d'entendre à "N'ayons pas peur des mots"

1) Se rappeler que l'écologie est au départ une valeur de droite et non pas de gauche. Tout a changé à partir de René Dumont (à partir de 68) qui a amalgamé écologie et tiers-mondisme. Valeur de droite? Parce qu'un écologiste dit : il faut freiner le progrès, et la nature mérite d'être préservée en tant que tel (la nature est plutôt bien faite).

2) Aujourd'hui c'est par INTERET que l'Europe et les Etats-Unis décideront (peut-être)de dire non à un certain type de croissance immodéré. C'est notamment afin de pouvoir empêcher les produits chinois de venir nous submerger.
Noter que l'interêt n'est pas un si mauvais conseiller. Le problème c'est de prendre en compte aussi l'intérêt de ceux qui n'ont pas encore la parole (les générations à venir).

jeudi 25 octobre 2007

Qu'est-ce que la "nouvelle vague"?


J'ai constaté aujourd'hui que les élèves, qui n'ont jamais entendu parler de Godard ni de Bresson, n'en ont pas la moindre idée.

Voici un lien sur cinechronique, dossier très complet réalisé par Claire Vassé

L'enfant sauvage, de François Truffaut


Dans le cadre de mon cours sur la culture, j'ai passé le film de Truffaut (1969) : L'enfant sauvage.
Voici le lien pour la fiche sur ce film

"Propaganda. Comment manipuler l'opinion en politique"

C'est le titre d'un livre classique de Edward Bernays que l'on peut consulter sur http://www.editions-zones.fr/
Le Monde des livres aujourd'hui consacre une double page à cette question.
Notez la parution de plusieurs livres:
Storytelling. La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, de Christian Salmon , Danse avec les renards de Marie-Claude Sicard, L'hiver de la démocratie ou le nouveau régime de Guy Hermet - entre autres.
Ceci est à rapprocher - je m'adresse ici aux prépas IEP - des thèses de La Boétie et de Tocqueville sur ce nouveau despotisme associé à une forme de "servitude volontaire". Il est manifeste désormais que la démocratie (formellement) est compatible avec une propagande massive et donc avec notre soumission à un pouvoir, mal circonscrit. C'est d'ailleurs le problème.
Qui nous manipule? Au profit de qui? Le "régne des marchands et des publicitaires" est bien difficile à contrer.

Nicolas Sarkozy, visiblement élu


Lire Eric Fassin , à propos de la question de la place de l'émotion en politique.


"Les émotions deviennent le combustible de la politique sarkozienne" écrit-il
(c'est vrai, mais je ne crois pas que ce soit propre à Sarkozy.

D'où ma question : les sentiments peuvent-ils être une composante de la politique?
J'ai évoqué ce sujet déjà et ma réponse serait plutôt non . En revanche, que la politique, ce soit du théâtre, c'est indéniable et insurpassable, comme le note Regis Debray par ailleurs.
Sur la manipulation et l'exploitation des sentiments en politique, voire aussi le message suivant)

mercredi 24 octobre 2007

"La vie sera belle" mardi sur France 2


Qui l'a vu?

Qu'en avez-vous pensé?

L' amour




"Lorsque naît l'amour, meurt le moi, ce sombre despote" Freud

Qu'est-ce que l'Europe?

Le texte de Otto de Habsbourg-Lorraine ("La religion et les droits de l'homme, au coeur du projet européen", dans le Monde du 24 Octobre 2007)

Nicolas!


Tiens bon! Vidéo

mardi 23 octobre 2007

La lecture de la lettre de Guy Môquet, suite


Finalement que s'est-il passé? Vos profs ont-ils lu la lettre?
Et vous, chers collègues, qu'avez-vous fait?
(moi je continue sur la résistance, avec l'aide de Renoir et de Truffaut...)

Vivre libre, le film de Renoir

VIVRE LIBRE DE JEAN RENOIR

Etienne de La Boétie, dans son célèbre Discours de la servitude volontaire (1548), se demande pourquoi les hommes se résignent à la servitude, étant donné qu’un seul homme (le roi) même assisté d’une armée , ne peut tenir en respect un peuple entier pendant des centaines d’années. Et La Boétie répond : ignorant la liberté, les hommes ne peuvent y aspirer. D’où ce cercle infernal : jamais un peuple habitué à la servitude ne cherchera à s’émanciper, précisément parce qu’il est aliéné, tout d’abord sur le plan moral (« la seule liberté, les hommes ne la désirent point »). Et pourtant l’émancipation doit être postulée, l’hypothèse de la liberté retrouvée doit toujours être formulée.
Pour La Boétie, il appartient aux « esprits droits » de suggérer toujours qu’il existe un chemin de la liberté. Ils n’ont d’autre ressource que la culture, c’est-à-dire la mémoire collective qui nous rappelle avec constance que la liberté a existé, autrefois, dans d’autres contextes :


« Ceux-là ayant l’entendement net et l’esprit clairvoyant, ne se contentent pas, comme les ignorants encroûtés, de voir ce qui est à leurs pieds, sans regarder ni derrière ni devant ; ils rappellent au contraire les choses passées pour juger plus sainement le présent et prévoir l’avenir. Ce sont eux qui, ayant d’eux-mêmes l’esprit droit, l’ont encore rectifié par l’étude et le savoir. Ceux-là, quand la liberté serait perdue et bannie de ce monde, l’y ramèneraient : car, la sentant vivement, l’ayant savourée et conservant son germe en leur esprit, la servitude ne pourrait jamais les séduire, pour si bien qu’on l’accoutrât ».
De la servitude volontaire, pp196-197, Payot

Dans Vivre libre de Jean Renoir (1943), Albert Lory et le professeur Sorel, son maître, son modèle, sont ces esprits droits qui ne se résignent pas à l’esclavage. Alors même que Von Keller (le commandant nazi) et Gorges Lambert, déploient toute une argumentation fort raisonnable pour justifer la collaboration. On notera le discours de Von Keller dans lequel il explique que le sytème nazi fonctionne parce que partout il trouve des complices zélés. Tout le monde, sous l’occupation, avait un intérêt à défendre. On voit dans ce film qu’entre le résistant Lory, Paul Marin, le professeur Sorel et les collaborateurs il n’y a pas de milieu, comme en témoigne le personnage de la mère, criminelle par défaut, par abstention, puis criminelle active. Cette vision des choses a forcément choqué lorsque le film a été projeté en France en 1946.Il reste cependant une figure intermédiaire, celle de Georges Lambert, qui finit par admettre sa culpabilité. Il est l’incarnation de la « conscience déchirée », ou « conscience tragique » , c’est-à-dire prisonnière de contradictions insurmontables,dont parle Hegel dans d’autres contextes.

lundi 22 octobre 2007

Trop de Net à l'école


C'est A. Finkielkraut qui le dit, je suppose qu'il a raison, même si je ne vois pas bien ce qu'on fait d'Internet à l'école.

L'internet ce n'est pas bon pour les méninges, en règle générale. Même si on peut en faire un usage très mesuré, et modérément éclairé. Mais rien ne vaudra jamais le lecture des beaux livres!

"La raison a beau crier..."


"La raison a beau crier.Elle ne peut mettre le prix aux choses" Pascal (Pensées, B. 82)

C'était le second sujet (au choix)

Silencio!


Sujet que j'ai donné ce matin en HK : Le silence

La grève à Air France


Non, ce n'est pas une blague, je viens de l'entendre aux infos..

(qu'est-ce qu'on attend pour se mettre en grève nous les profs?

Au lieu de lire servilement la lettre de Guy Môquet, on devrait résister vaillamment non?)

J'ai une meilleure idée : et si on faisait la grève de la correction des copies?

La grève, suite...


"En ce moment on emmerde tout le monde pour pas grand chose" François Chérèque

(un bel accès de lucidité..)

Pour Hirsi Ali


C'est dans Libé




Ce journal, a du bon si seulement ils n'étaient pas si démago (avec la rubrique: "l'actualité vue par les libénautes" maintenant!)

La lecture de la lettre de Guy Môquet, suite


Lu dans Libé ("l'actualité vu pas les libénautes" : la nouvelle rubrique démago):

"Le professeur de philosophie s'efforce de fonder sur la raison, pas sur le pathos et les passions . Il guide vers la compréhension, pas vers l'amour aveugle de la patrie. Vers la clairvoyance, pas vers les palpitations du sentiment nationaliste"

Certes!


C'est la raison pour laquelle je propose à la fois de lire cette lettre, ou d'autres, et de lancer une réflexion sur l'héroïsme aujourd'hui...


(j'avoue que j'en ai un peu marre du consensus de la bien pensance anti-Sarko. J'attends vos réactions!)


Immarcessible


C'est le qualificatif que Libé propose ce matin pour Ségolène Royal

(joli ce mot: je ne connaissais pas. Vous si?)

dimanche 21 octobre 2007

"La vie sera belle" mardi sur France 2


Lettre de Lucien Legros (lycéen Buffon)

Paris, le 8 Février 1943
Mes parents chéris, mon frère chéri,
Je vais être fusillé à onze heures avec mes camarades. Nous allons mourir le sourire aux lèvres car c'est pour le plus bel idéal. J'ai le sentiment à cette heure d'avoir vécu une vie complète.Vous m'avez fait une jeunesse dorée; je meurs pour la France, donc je ne regrette rien. Je vous conjure de vivre pour les enfants de Jean.Reconstruisez une belle famille...Jeudi j'ai reçu votre splendide colis : j'ai mangé comme un roi. Pendant ces quatre mois, j'ai longuement médité : mon examen de conscience est positif, je suis en tout point satisfait. Bonjour à tous les parents et amis. Je vous serre une dernière fois sur mon coeur.
Lu cien

Lettre de Pierre Benoît (lycéen Buffon)

Paris, le 8 Février 1943
Maman chérie, Papa et Jacques chéris,
Tout est fini maintenant. Je vais être fusillé ce matin à 11 heures. Pauvres parents chéris, sachez que ma dernière pensée sera pour vous, je saurai mourir en Français.Pendant ces longs mois, j'ai beaucoup pensé à vous et j'aurais voulu, plus tard, vous donner tout le bonheur que votre affection pour moi méritait en retour. J'ai rêvé tant de choses pour vous rendre heureux après la tourmente. Mais hélas ! mes rêves resteront ce qu'ils sontJe vous embrasse beaucoup, beaucoup. La joie de vous revoir m'est à jamais interdite. Vous aurez de mes nouvelles plus tard.Je vous embrasse encore et toujours, mes parents chéris. Gardez toujours dans votre cour mon souvenir... Adieu, maman, papa, Jacques chéris. Adieu...
Pierre

Lettre de Jean Arthus à son père(lycéen Buffon)

Paris, le 8 Février 1943
Mon grand chéri,
Je ne sais si tu t'attendais à me revoir, je m'y attendais.On nous a appris ce matin que c'était fini, alors adieu ! Je sais que c'est un coup très dur pour toi, mais j'espère que tu es assez fort et que tu sauras continuer à vivre en gardant confiance en l'avenir.Travaille, fait cela pour moi, continue les livres que tu voulais écrire, pense que je meurs en Français, pour ma Patrie. Je t'embrasse bien. Adieu mon grand chéri.
Jean

Lettre de Jacques Baudry (lycéen Buffon)

Fresnes, lundi S Février 1943
Mes pauvres parents chéris,
On va m'arracher cette vie que vous m'avez donnée et à laquelle je tenais tant. C'est infiniment dur pour moi et pour vous. J'ai eu la chance de savoir, avant de mourir, que vous étiez courageux. Restez-le, surtout ma petite Maman que j'embrasse de tout mon pauvre coeur.Mes pauvres chéris, j'ai accepté le combat,vous le savez. Je serai courageux jusqu'au bout. La guerre sera bientôt finie. Vous serez quand même heureux dans la Paix un peu grâce à moi. Je veux retourner à Douchy, à côté de Pépère et Mémère. J'aurais voulu encore vivre pour vous aimer beaucoup. Hélas, je ne peux pas. La surprise est amère.J'ai eu les journaux. Nous mourons en pleine Victoire. Exécution ce matin à 11 heures. Je penserai à vous, à Nicole. Hélas ! nos beaux projets d'avenir. Qu'elle ne m'oublie pas non plus, ni mes parents. Mais surtout, la vie continue pour elle; qu'elle profite de sa jeunesse.Papa, Maman, mes chéris, qui m'avez tant aimé ! Adieu ! Je vous étreins bien fort tous les trois. Courage ! Vivez. Je vous embrasse le plus tendrement pour la vie.Adieu Papa, Maman ! Adieu Nicole ! Vive la France !
Votre Jacques

samedi 20 octobre 2007

Ayaan Hirsi Ali


Sera-t-elle abandonnée? Lire sur Rue 89

Les images peuvent-elles mentir? (agrégation de philosophie)




Vous trouverez mon texte sur le site de l'académie de Grenoble

Croissance et développement durable


C'est parfaitement compatible d'après Dominique Bourg. Ce soir dans le Monde:

"une pure et simple décroissance me paraît idiot"

Le modèle qu'il propose pour une "société de fonctionnalité" est ... le velib!

Faut-il améliorer l'humanité?


C'est une question purement rhétorique (je l'ai traitée autrefois à Sciences-po, je répondai non!)
"Rhétorique": puisque l'on sait bien que "tout ce qui peut être fait sera fait".
Youpi!

Je lis ce soir dans le Monde:

" L'homme augmenté" est aux portes des sociétés industrielles" (Claudia Courtois, "Les cyborgs existent déjà")

Le dernier cri de Erwin Olaf
Exemples: bientôt on pourra mettre un casque sur la tête de nos enfants afin d'augmenter leur activité cérébrale, notamment leur capacité de concentration (quelle aubaine pour les profs de demain !).


On envisage aussi (je cite) de créer " des "médisentiments" agissant sur la timidité, la jalousie ou la créativité".
C'est vraiment formidable. Deux trois petites pilules et hop, le couple est sauvé... (si les Sarkozy avaient connu cela, on n'en serait pas là!)

La justice: égalité ou équité ?

A propos des régimes spéciaux:

Ces derniers temps, dans le cadre des revendications concernant le maintien des régimes spéciaux de retraite, on entend désormais beaucoup le mot « équité ».
Or il me semble qu’il y a là un problème, une difficulté ou bien un malentendu.

Soit la justice, dont se réclament les grévistes ces jours-ci , c’est l’égalité ("la loi est la même pour tous") . Dans ce cas là, les « régimes spéciaux » n’ont pas vraiment lieu d’être, si l' on doit adopter une même règle pour tous (avec évidemment des variables d’ajustement concernant le calcul des pensions, entre autres). Cette règle est la suivante : il faut cotiser 40 ans pour avoir une retraite à taux plein. Tel est le régime commun aujourd’hui depuis que les fonctionnaires ont été alignés sur le régime privé. Ceci est lié au rallongement qui concerne en gros tout le monde.

Soit on dit : "la justice c’est l’équité"(c’est ce que disent désormais les syndicalistes et les manifestants, si j’ai bien compris).
Mais l’équité, cela signifie deux choses.
1) Non pas le (simple) respect de la loi, mais le respect de l’esprit de la loi, ce qui implique beaucoup de souplesse, de liberté d’appréciation.
2) L’équité cela signifie un traitement différencié selon les catégories, et même selon les personnes. Pour cette raison, l’équité n’est pas spécialement une valeur de gauche -soit dit en passant. Si la justice, c’est l’équité, alors il faut accepter l’idée que le droit au départ en retraite ne doit pas obéir à une règle unique, mais qu’il peut varier selon plusieurs paramètres ; la pénibilité, mais pas seulement. On peut tenir compte aussi du stress ( ce n’est pas exactement la même chose) du degré de responsabilité, du taux de cotisation etc…

Ce qui est sûr c’est que cela devient très compliqué, avec pour conséquences :
On ne peut pas ériger une loi simple et unilatérale sur un tel sujet... sinon une loi-cadre pour dire que l' on décidera au cas par cas.
Par exemple : dans l’enseignement, il pourrait y avoir des régimes de retraites très différents selon qu’on est agrégé dans les beaux quartiers et donc « privilégié » ou bien que l’on travaille dans des conditions très difficiles. En ce qui concerne la SNCF ou la RATP ou EDF, on pourrait avoir des traitements différenciés selon les emplois, plus ou moins pénibles.
L’équité c’est aussi le fait de prendre en compte le mérite des gens dans leur carrière, ou tout au moins les particularités de cette carrière.
Bref, l’équité ce n’est pas du tout la justice au sens où la gauche l’entend en général. Parce que l’équité, c’est des traitement différenciés donc beaucoup plus de liberté et beaucoup plus d’arbitraire aussi dans les décisions que n’en tolère les syndicats en général. Bref l’équité ne se prête mal aux slogans (les revendications des grévistes aujourd'hui, au nom de l' "équité" (?) sont d'ailleurs mal comprises) et ne se peut se décréter en fonction de la pression de la rue.
Pour finir, il me semble que l' on doit toujours garder à l’esprit - envers et contre tout, dans un souci de justice - le caractère prioritaire de l’égalité par rapport à l’équité. Aujourd’hui, il est évident que tout le monde (= égalité) doit accepter de rallonger le temps de cotisation -sauf à admettre que les générations à venir devront trimer davantage pour garantir les droits acquis de leurs parents et grands parents.
Nous allons, en règle générale, devoir travailler plus longtemps (jusqu’à 65 ans, c’est évident).
Commençons par le reconnaître.
Puis envisageons de réfléchir, avec le gouvernement à des assouplissements de la règle générale (la même pour tous) selon la pénibilité du travail etc…, mais ceci doit être pris en compte au sein de chaque profession et de chaque entreprise. Au nom de l’équité. De même que le "mérite" doit être pris en compte dans toutes les professions. Y compris la fonction publique.
Je me trompe ?

vendredi 19 octobre 2007

La mémoire suffit-elle à l'historien?

C'est un sujet de dissert de philo...
Lisez et archivez la réponse de Jacques Le Goff ce matin dans Libé: Le pouvoir et l'histoire

jeudi 18 octobre 2007

Avons-nous besoin de héros? (à propos de Guy Môquet)

Prudence en ce qui concerne la lettre de Guy Môquet :
" Guy Môquet n'est pas une victime sacrificielle, et n'a rien à voir, par exemple, avec de jeunes kamikases d'aujourd'hui qui peuvent se faire exploser sur un marché de Bagdad" Xavier Pommereau , La lettre de Guy Môquet analysée par un psychiatre


Mardi soir on pourra voir à la TV sur FR 2 un téléfilm sur les cinq martyrs du lycée Buffon "

Environnement et croissance

Entre l'environnement (Grenelle) et croissance (directives Attali) il y a incompatibilité.
C'est bien ce qu'il me semblait... Le Monde

La grève




"Réforme et équité" : tel est le titre de l'édito du Monde ce soir.
Depuis 1991 (le livre blanc de Rocard) tout le monde sait en France, comme en Europe, qu'il faut modifier les régimes de retraite (allonger la durée des cotisations).


J'avoue ne pas très bien comprendre quel est le sens de cette grève aujourd'hui, ni pourquoi le PS la soutient (Rocard, Jospin, Strauss-Kahn etc... auraient continué la même inévitable réforme...).
En tout cas, le vélo sous ce beau soleil à Paris, c'était charmant..

mercredi 17 octobre 2007

Vivre libre, le film de Renoir




C'est le film que nous verrons demain, si quelques élèves trouvent des velibs pour venir au lycée

Tout savoir sur Guy Môquet (et Sarkozy)

Lire l'excellente analyse de Hugo Billard sur webpédagogie

Avons-nous encore besoin de héros aujourd'hui? (P.B.)

BENHAMOU Pierre (terminale L)
A-T-ON ENCORE BESOIN DE HÉROS ?


Les Héros se distinguent des autres par leurs actes d’héroïsme. Ils deviennent ensuite des icônes, des symboles repris par des générations afin d’exalter la grandeur de l’homme, de la nation. Avec l’importance que nous reconnaissons aux superstitions dans toutes les sociétés humaines depuis leur avènement, nous pouvons donc constater que le héros se distingue des autres par son aura acquise auprès du peuple. Le héros n’a de valeur que celle qu’on lui donne. N’accorde-t-pn pas toujours une certaine aura, voire une certaine magie à des héros devenus mythe comme le Che, Ernesto Guevara ? Le héros est donc un personnage mythique, un symbole exaltant les valeurs d’une nation et pouvant être repris à des fins de propagande par le pouvoir en place. Ainsi les Pompiers new-yorkais lors des attentats du World Trade Center nous dévoilaient la grandeur et le patriotisme américain tandis que l’ouvrier Stakhanov exaltait la puissance ouvrière ainsi que l’industrie soviétique.Le Héros est un symbole, une icône adulée d’une société qui la regarde avec subjectivité, sans esprit critique. Un Héros ne peut être vu comme cela par tout le monde. Napoléon héros de l’Empire est vu par certain comme un héros libérateur, par d’autres comme un tyran despotique. Ainsi le terme de Héros n’est jamais que subjectif, il dépend de la culture observée. Les Héros ne portent donc pas de valeurs universelles.Dans nos sociétés pré modernes démocratiques, le Héros est devenu quelconque. En effet le terme de Héros dans nos sociétés est devenu obsolète depuis 1789 et la démocratisation de la société. Le héros est un Homme, comme vous, comme moi. Il est déglorifié et seul sa vertu peut maintenant justifier son statut.En effet, le Héros, qui tenait par sa distinction n’existe plus. Avec la démocratisation des médias, tout un chacun peut désormais devenir Héros. Tout le monde peut s’illustrer. Les médias, outils de distinction de l’individu a permis à tous d’avoir la possibilité de se mettre en avant. Ainsi si tout le monde est Héros, personne ne l’est plus. On voit par là une faille de notre systême démocratique dans le fait que tout le monde a droit à la parole, et peut se servir de ce droit à tort et à travers.
Le Héros est un personnage mythique, devenu idole du fait de ses actes d’héroïsme. Avec la démocratisation des médias, ce statut tend cependant à disparaître. Le Héros peut ainsi être utilisé à des fins de propagande par des régimes de toutes sorte et faire l’objet d’un jugement subjectif de la part d’une nation, jugement qui sera contradictoire selon les cultures (Napoléon, Guevara)
Le Héros est la figure de proue du progrès. Bien qu’étant pris individuellement, nous devons toujours avoir à l’esprit que le Héros n’est que la façade d’un processus ininterrompu de progrès. Le Héros n’est jamais seul, Gandhi n’était pas seul, Martin Luther King n’était pas seul… Ainsi le Héros est juste une effigie du progrès. Il est l’instrument de simplification de l’Histoire, et montre la tendance que nous avons à rendre simple ce qui ne l’est pas en réalité. Christophe Colomb n’a dû sa découverte de l’Amérique qu’aux avancées techniques (la technique de ponçage des coques de bateaux leur permettant de voyager à moindre risque ayant été inventé quelques années auparavant au Portugal)… Si le Héros ne tient que par sa distinction, alors ce statut est usurpé. Le Héros n’existe pas.Le Héros ne tient que dans ses moments d’Héroïsme. Tout le monde peut être Héros , il suffit d’en avoir le courage. Jeanne d’Arc n’a-t-elle pas contribuée à sauver la France, sacrifiant sa vie pour chasser les Anglais du territoire lors de la guerre de Cent Ans ? Ainsi malgré sa condition (femme et paysanne) elle a, par sa bravoure, sauvé la France. Ainsi un acte d’Héroïsme peut tout faire basculer. Si les actes d’Héroïsme existent, les Héros eux n’existent pas.Or, nous devons avouer que si le Héros n’existe pas, il est certain que les actes héroïques de certains ont permis à la société d’avancer. Nous pouvons prendre l’exemple de Roland, ayant permis à l’armée Française de subsister ou celui des bonzes de Birmanie, bien que les résultats de leurs actions ne nous soient dévoilés que d’ici quelques mois. Si la société n’a plus besoin de Héros et n’a en réalité jamais eu besoin d‘eux elle a par contre besoin d’acte héroïque. La société a un besoin constant d’actes héroïques, d’acteurs sociaux contribuant à faire avancer leur société.Ainsi les Héros n’existent pas, et, si notre société n’en a pas besoin, elle a par contre besoin d’actes héroïque contribuant à faire avancer l’Humanité.
- Nous pourrions juste rajouter que le Héros se justifie dans le besoin de la société à leur égard, ainsi, le Héros a toujours un rapport au pouvoir. Il termine bien vite par devenir à son tour un tyran (Pétain héros de Verdun devenu Dictateur fasciste, Guevara héros de la révolution Cubaine devenu tortionnaire).Ainsi les seuls vrais « Héros » sont les artistes, les acteurs sociaux se sacrifiant pour faire avancer l’art, la société. Citons entre autres Van Gogh, Degottex, Imre Nagy.

Nous avons besoin de héros .... (LHL)

Voici mon point de vue:

Un héros est un personnage légendaire auquel on prête un courage et des exploits remarquables.
Héros, héroïsme : ce sont des notions désuètes, dépassées, inappropriées à notre époque positiviste, utilitariste, individualiste. Nous avons pu nous passer de Dieux, nous pouvons nous passer de mythes, et a fortiori de « héros ». Et d’ailleurs le mot est-il encore employé dans le langage courant ? Dirait-on que Guy Môquet est un « héros » à nos yeux… probablement pas.
Et pourtant. Nous pouvons difficilement nous passer de héros. Tout d’abord parce que l’homme est un animal politique
Ensuite parce que nous avons d’autant plus besoin de héros que nous n’avons plus de lien symbolique religieux. Enfin parce que si nous n’avons pas de « héros » nous avons des idoles.

L’homme est un animal politique
Il vit en société, Aristote disait en cité. Or la cité n’est pas une communauté de territoire ni un regroupement d’intérêts partagés (cf l’Europe qui n’est pas encore « politique »). Une cité est une communauté rassemblée autour d’un même idéal de justice. Les hommes d’une même cité se reconnaissent dans un même idéal. Or les idéaux doivent être incarnés. La morale ne sera suivie que si certains hommes l’incarnent de manière exemplaire. Soit nos pères (c’est la condition de la vertu selon Montesquieu) soit nos « héros » qui inspirent notre respect et notre admiration (par exemple les résistants ou les « Justes)

Faute de Dieux, il nous faut des « héros »
Dans une société laïque, nous avons des Dieux, mais pluriels (plusieurs systèmes de croyance en concurrence). Et certains d'entre nous sont athées. D'où le problème:
Qu’est-ce qui peut désormais souder la communauté ?
On peut peut-être se passer de religion, mais il n'est pas certain que l'on puisse se passer de croire. « Pour moi, je doute fort que l’homme puisse jamais supporter à la fois une complète indépendance religieuse et une entière liberté politique ; et je suis porté à penser que s’il na pas la foi, il faut qu’il serve, et s’il est libre, qu’il croie » Tocqueville (De la démocratie en Amérique, Tome 2, Instinct démocratiques de la religion, Folio, p 39)
En résumé : moins on est religieux, plus on besoin de croire et de se raconter des histoires : voir les grands mythes de la modernité, dont celui du sauveur (Mythes et mythologies politiques, Raoul Girardet et Nostalgie de l’absolu de G. Steiner)

Le grand homme est un héros laïc
Comme Périclès , comme Napoléon, Churchill, De Gaulle, les Pères fondateurs des Etats-Unis (Lincoln, Washington.. )
Voir l’analyse de Arendt : (H.Arendt : La vie de l’esprit, pp 152-157)
Héros : c’est un demi-Dieu .
Nos grands hommes sont la transposition (laïque) des anciens « héros » (des « messies séculiers" selon G. Steiner).
Chez Homère, le titre de « héros » est la récompense prisée d’actions éclatantes et de paroles admirables ». Ce qui confère une immortalité potentielle.
Question : comment devient-on immortel ? (Pindare : si les hommes sont privés d’éloges, leur grandeur passe inaperçue : ne pas négliger le rôle de la transmission. Qui est digne d’éloge ? Périclès (495-429) ou Thucydide qui lui rend hommage?).
Pour les grecs, tous les hommes doivent s’efforcer à l’immortalité. Pourquoi ? Parce que, par rapport à tous les autres êtres vivants, l’homme est un Dieu. C’est une « façon de Dieu mortelle » dit Cicéron.
(Héraclite « Il est une chose que les hommes préfèrent à tout : la gloire éternelle aux choses périssables; mais la foule trouve la satiété à la manière des bêtes ».)
Pour les grecs, la quête d’immortalité est le seul stimulant digne de l’homme. Le héros est celui qui accomplit une action noble, une action qui confère la noblesse : « celle qui sert pour l’éternité à s’assurer une gloire impérissable ».
Quelle action ? Le sacrifice de sa vie, sacrifiée à quelque chose qui vaut plus que la vie : la liberté. H. Arendt : tout change avec la philosophie (p 157) Penser est une activité qui confère la divinité).
Mais au V siècle avant JC, le grand homme c’est Périclès : parce qu’ il a fait d’Athènes une cité qui suscite l’admiration générale.
Cf L’éloge d’Athènes par Périclès dans Thucydide : « notre cité dans son ensemble est l’école de la Grèce » . Et aussi :
« Les hommes éminents ont la terre entière pour tombeau » (Guerre du Péloponnèse II Chap 44-45)
Conclusion : nous avons encore des héros. Dans le sens non pas patriotique comme par le passé, mais en tant que symboles de la liberté qui résiste à l’oppression (au risque d’y perdre la vie).
Par exemple : Ayaan Hirsi Ali (députée néerlandaise), Aung San Suu Kyi (opposante birmane), le Dalaï-lama etc..
Ou encore : Al Gore, et de façon générale, les prix Nobel de la paix. Ce sont des héros ayant une dimension universelle. On considère que leur action est bénéfique pour l’humanité tout entière (on peut en dire autant des grands philosophes, écrivains (cf Salman Rushdie) et artistes - le risque en moins en général).
Nous avons tendance à substituer des idoles aux héros.
C’est pourquoi nous avons besoin de héros. Pour compenser, éviter ou tempérer l’idolâtrie.
Aujourd’hui, nous vouons un culte à des personnes, ou à des symboles, pour des raisons autres que morales. Diamétralement opposées à toute morale même !
Nous adorons nos stars comme des demi-Dieux… ce qui est de l’idolâtrie (de eîdolon : idole, objet que l’on adore à la place du divin, comme si c’était un Dieu, par opposition à l’icône, de eîkon, qui n’est pas confondu avec l’être qu’il représente).
Il y a bien identification et adoration, mais de qui ? De nos idoles nationales sportives, nos
« Dieux du stade » : Zidane, Laure Manaudou, Yannick Noah . Des stars de cinéma (identification ?). Des stars du rock’ n roll (cf Jim Morrison et Ian Curtis de Joy Division, cf Control).Des vedettes de la téléréalité ou de feuilleton TV (Mimie Mathy= Joséphine Ange gardien)
Ce sont des idoles démocratiques .
Ce que l’on adore avec eux, c’est le symbole de la réussite sociale fondée théoriquement sur le seul mérite ou talent. Mais ce sont des réussites spectaculaires mais souvent problématiques. Leur seul point commun, le succès, au sens de : la gloire et l’argent.
Pour le reste … ce sont des gloires souvent éphémères, souvent discutables (cf dopage) et associées à la souffrance, la mort, voire le suicide etc… Nos idoles sont les symboles des valeurs d’une société libérale voire hyper libérale : individualiste, matérialiste, vénale et où tout est volatile (sauf l’argent justement).
On est aux antipodes de la sagesse et de l’héroïsme au sens moral c’est-à-dire universel.
Conclusion
Nous avons d’autant plus besoin de héros que nous vivons dans une époque désenchantée, laïque et positiviste. Nous ne pouvons pas nous passer de croire. Mais la foi dans les seules valeurs du sport ou du show biz ne nous délivrent aucune véritable espérance.

mardi 16 octobre 2007

Nous avons besoin de héros (Gillian)

A- t -on encore besoin de héros ?
Qu'est ce qu'un héros ? C'est une personne qui se distingue par ses qualités ou ses actions exceptionnelles, ou encore par son courage face au danger. C'est aussi quelqu'un qui, dans la vie de tous les jours, défend l'intérêt de l'autre avant le sien. Les héros d'hier ne sont plus les héros d'aujourd'hui, ils ont évolué, se sont transformés.Comme par exemple ces héros de la guerre, qui sont morts pour sauver leur patrie, leurs idées. Nous devons nous souvenir des héros des tranchées pour nous rappeler l'horreur qu'ils ont endurée, et pour que cela ne se reproduise plus.Ces héros font partie de notre culture, nous les gardons en mémoire, nous avons donc besoin d'eux. Les héros sont des personnes qui rallient les gens, ils les soudent à une même cause. Ils donnent de l'espoir aux gens en détresse, ce qu'ont fait ces héros de la paix tels que Mahatma Gandhi qui s'est battu pour l'indépendance de l'Inde en prônant la non violence , Martin Luther King contre la ségrégation raciale en Amérique avec ce même concept, ou encore Ernesto Guevara, dit le " Che " , pour l'indépendance de Cuba . Tous sont morts assassinés . C'est aussi grâce à ces Grands hommes que nous sommes ce que nous sommes aujourd'hui. Nous avions besoin d'eux, ils ont fait évolué le monde. Ces personnages se sont battus pour des idéaux, ils ont voulu défendre les droits de l'homme et sont morts pour cela. Mais seraient ils devenus héros s'ils n'étaient pas morts de façon prématurée ?Ici revient le mythe du héros...Fidel Castro, compagnon de Che Guevara à l'époque , est aujourd'hui dictateur...Que serait devenu le Che s'il avait vécu ?Serait il tout de même considéré comme tel ? Les héros donnent au peuple l'envie d'aller plus haut. Ils sont des exemples sur lesquels nous nous basons. Ils ont indirectement participé à notre éducation et à notre développement. Nous prenons tous exemple sur quelqu'un durant notre enfance et notre adolescence. Qui nous permettrait de nous structurer sinon quelqu'un sur qui nous prenons exemple et que nous admirons ? Nos premiers héros sont nos parents, enfant notre père est le plus fort du monde, notre mère la plus belle. Un individu peut devenir un héros, même par les choses les plus simples, dans les occasions les plus banales de la souffrance quotidienne. Le héros est donc indispensable au passage à l'âge adulte. Nous prendrons exemple sur quelqu'un de proche , un grand frère , une grande sœur, à qui nous emprunterons expressions, attitudes...Et c'est par des fragments de plusieurs personnalités que nous nous formerons, puis apprendrons à devenir nous même .Aujourd'hui les héros n'ont pas disparu, ils ont seulement changé de visage , sont anonymes et font partie des gens normaux. Ils vont du sapeur pompier en passant par le chanteur jusqu'au sportif de haut niveau...Ils donnent des rêves aux gens en particulier aux enfants qui souhaitent souvent devenir pompier, footballer ou astronaute prenant pour modèle ces personnalités connues ou habituellement reconnues!
Qui admirons nous sinon nos idoles et nos héros ?Qui nous donnera l'exemple et nous tirera vers le haut ?Nous aurons toujours besoin de héros, d'un modèle, d'un idéal pour nous faire avancer.
Gillian Brett TL

Avons-nous besoin de héros aujourd'hui?


Donnez votre avis!

Je mets en ligne les premières réponses, demain je vous présenterai aussi la mienne.

La nostalgie de l'absolu et les messies séculiers selon George Steiner (nous avons toujours besoin de héros)



Voici ce qu'écrivait George Steiner en 1974 à propos des "Messies séculiers", titre du chapitre :





"Comme jamais auparavant, à ce moment du XX ième siècle, nous avons faim de mythes, d'explication totale -de prophétie garantie [...]
Pourquoi, devant les preuves les plus accablantes sur les camps de concentration sur l'État policier le plus brutal jamais créé, sur le césarisme asiatique de Staline, nombre de jeunes gens les plus précieux des génération passées n'en ont pas moins continué à servir, à mourir? Si l'on veut comprendre ce genre de phénomènes, ce type de conduite, ce ne peut être qu'à la lumière d'une vision religieuse et messianique qui vous promet de patauger en enfer jusqu ' au cou, si nécessaire, parce que vous êtes sur le chemin destiné, prophétiqe, de la résurrection de l'homme sur le chemin de la justice. C'est précisément parce que le scénario millénariste de la rédemption de l'instauration du royaume de la justice, continue de captiver l'esprit humain (ayant survécu de longue date à ses prémisses théologiques)que toute expérience d'espoir enflamme l'imagination bien au-delà des réalités politiques. Mais que faut-il entendre par «expérience d'espoir»? Nous avons tous notre propre liste. Quand je pense à mes étudiants de Cambridge, en Angleterre, j'ai pour eux un calendrier des grands moments d'espoir intérieur : le printemps de Prague avant l'écrasement du régime de Dubcek par la contre-action soviétique, le gouvernement Allende au Chili, l'apparent miracle du renversement de la réaction au Portugal et en Grèce. Les faits ne sont jamais un contre-argument. Si demain matin, ouvrant notre journal, nous apprenions que le coup d'État portugais n'était qu'une supercherie, ou qu'il a été en fait financé par les sinistres forces de la droite, ou que ses auteurs ont été à leur tour renversés, le chagrin et l'amertume seraient au rendez-vous. Mais l'espoir trouverait ensuite un autre scénario parce que nous sommes en présence d'une force religieuse, théologique.Dans l'histoire du marxisme, je crois, nous reconnaissons chacun des attributs caractéristiques d'une mythologie dans toute sa dimension théologique. Nous avons la vision du prophète et les textes canoniques légués aux fidèles par le premier des apôtres. En témoignent les liens entre Marx et Engels ; l'achèvement posthume du Capital ; la publication progressive des premiers textes sacrés. Nous trouvons l'histoire d'un conflit féroce entre les héritiers orthodoxes du maître et les hérétiques, une suite ininterrompue de scissions depuis les mencheviks jusqu'à Trotski puis à Mao"[...]

La nostalgie de l'absolu 10-18

Bréviaire du radin


C'est dans Libé, c'est très précieux.
Exemple:


«Le restaurant, c'est une cogitation sans fin. Quoi prendre? Le truc le moins cher, au cas où chacun paierait sa part? Ou le truc le plus cher, en cas de division globale de l'addition? En tout cas, toujours être le dernier à mettre la main à la poche. Pourquoi? Parce qu'il arrive que les autres aient trop mis et, du coup, il y a déjà le compte.»

"Comment le capitalisme nous infantilise " par Benjamin Barber

Comment le capitalisme nous infantilise
Benjamin Barber
Fayard, 526 pages, 23 E
(extrait de l'article du Monde ce soir de F. Lemaître)


"Pour Benjamin Barber, cette vision du monde purement économique est simpliste. Infantilisante, même. Dans son dernier ouvrage, cet universitaire américain - célèbre pour avoir écrit dès 1995 un livre au titre prémonitoire Djihad versus McWorld (éd. Desclée de Brouwer) - décrit cette fois Comment le capitalisme nous infantilise. La charge est violente. Selon lui, à « l'éthique protestante » du capitalisme pensée par Max Weber a succédé un véritable « ethos infantiliste ». Pour survivre et vendre toujours plus, le capitalisme n'a aujourd'hui plus que deux solutions infantiliser les adultes et transformer les enfants en consommateurs. De l'analyse des films produits par Hollywood à la description minutieuse de ce que les professionnels de la publicité appellent le « kid empowerment », Benjamin Barber dresse, dans un premier temps, un panorama pas forcément nouveau mais toujours aussi effrayant de la stratégie marketing des grandes marques mondiales. Pour M. Barber, le phénomène est plus grave qu'on le croit, car « dans la culture pathologique de l'économie consumériste, le comportement du consommateur se révèle remarquablement inconciliable avec les tendances civilisatrices ».Les grands enfants que nous sommes restés ou redevenus sont incapables de penser le complexe. Tout doit être simple et rapide, que ce soit l'information réduite à de l'info-spectacle, les règles d'un match de basket, l'acquisition d'une arme à feu ou une procédure de mariage.Mais le consommateur-roi ne se contente pas d'être un grand gosse, c'est aussi un redoutable égoïste, supportant de moins en moins les compromis qu'impose la vie en société. La haine de l'Etat qui découle du tout-marché est hautement dangereuse, explique Benjamin Barber. « Quand on affirme aujourd'hui que seules les personnes privées sont libres, que seuls les choix personnels comme ceux que font les consommateurs sont autonomes, ces idées attaquent non la dictature mais la démocratie. »(....)

lundi 15 octobre 2007

Fini le temps des songes creux


"On est sorti du temps des hommes et des femmes providentiels. On est sorti du temps de l'absolu sur terre. Je crois à la politique comme art du compromis...Le ciel politique est vide. Il n'y a pas le Bien en majesté. La politique, ce n'est pas l'affrontement du diable et du bon Dieu" dixit Bernard-Henri Levy (Ce grand cadavre à la renverse)
Je suis totalement d'accord..
je cite toujours pour ma part cette phrase de Raymond Aron

"La démocratie est le seul régime qui avoue, que dis-je, qui proclame que l'histoire des Etats doit être écrite non en vers, mais en prose" (Préface du Savant et le politique)

Le morceau de cire


Bientôt il n'y aura plus de morceau de cire, donc plus d'analyse du morceau de cire (je vois d'ici les élèves : c'est quoi Madame une abeille?)

dimanche 14 octobre 2007

Barbe-Bleue


Il paraît que toutes les femmes françaises en raffolent...

Adieu fleurs, nous vous aimions tant...


Il n'y en aura plus bientôt Le monde (ni fruits ni légumes)

Faute de pollinisation parce que la abeilles sont en voie de disparition.
Qui a vu le film visionnaire :"Soleil vert"?
(Tableau de Klimt)

samedi 13 octobre 2007

La mort de Louis XVII


Intéressant ce matin l'émissions Répliques, à propos de la sortie de deux livres sur la mort (et le supplice!)de Louis XVII au temple (La chambre de F. Chandernagor et Un roi sans lendemain de Christophe Donner) .
Un responsable thermidorien (je n'ai pas retenu son nom, dommage) a commenté l' événement:

"Louis XVII est mort de rachitisme. Voilà qui rafraîchit l'esprit révolutionnaire"

La paix et les changements climatiques


Lire l'excellent papier ce matin dans Libé (A. Schwartzbrod)

"La perception du risque devient partagée par tous" Laurence Tubiana

vendredi 12 octobre 2007

Al Gore, prix Nobel de la paix


Quel rapport entre la paix et le réchauffement de la planète ?

Les questions (à propos du divorce)

Quelles explications vont-ils donner?
Qui aura la garde du petit?
Qui sera la remplaçante, et au bout de combien de temps?
Les journalistes ont du grain à moudre pour quelque temps....

PS : un Président divorcé (deux fois) est-ce un problème à vos yeux?
PS : Après Royal/ Hollande ... Décidemment, nous les français , nous sommes toujours à la pointe de la modernité

Le divorce


Un Président en exercice qui divorce (http://www.liberation.fr/actualite/politiques/284242.FR.php) , ce n'est pas banal.
Je me demande s'il y a des précédents...

jeudi 11 octobre 2007

Che Guevara, notre héros


Voici le papier que vous me demandez:


Point de vue

Che Guevara, héros de l'impasse, par Gérard Challiand

"La mort reçue au combat était dénommée dans la Grèce antique "belle mort", Ainsi, l'échec politique et stratégique d'Ernesto Che Guevara en Bolivie où il a été exécuté en octobre 1967, se votait transformé en mythe : il avait assumé jusqu'au bout le destin qu'il s'était choisi. Lorsque le Che quitte Cuba, après s'être démis de toutes ses fonctions, il a en tête de contribuer à créer un, deux, plusieurs Vietnam "contre l'impérialisme" américain ". La tentative de susciter un foyer insurrectionnel en Bolivie était sans doute vouée à l'échec dès le début des onze mois de son existence. Elle s'ajoutait, sur un terrain moins étranger, au fiasco qu'avait précédemment rencontré Guevara au Zaïre où clandestinement, il avait tenté en vain de mieux organiser une insurrection médiocre.
L'expérience bolivienne entendait mettre en pratique la théorie du foco, ou foyer combattant qui consiste à engager la lutte armée sans préparation politique des populations qu'il entend entraîner. Cette stratégie avait déjà largement montré son inanité, depuis une demi-douzaine d'années, dans plusieurs pays latino-américains.
C'est dans la Guerre de guérilla que Guevara résume les leçons de la révolution cubaine : des irréguliers peuvent battre une armée régulière ; la montagne est le terrain idéal et, surtout, il n'est pas nécessaire d'attendre que toutes les conditions soient réunies pour commencer la lutte armée. Celle-ci pouvant, par exemple entraîner l'appui ou la participation des paysans.
Or les raisons on succès des castristes à Cuba n' avaient pas été convenablement évaluées par les mouvements pour le "paim et la liberté", ce qui leur gagna l'appui de mouvements politiques urbains opposés à la dictature de Batista dont la base sociale était mince. Par ailleurs, le Etats-Unis observaient une neutralité plutôt bienveillante.
Dès que la révolution cubaine , en cours dans années 1960-1961 se radicalisa et se proclama "marxiste-léniniste" , l'exode d'une partie de la populaiton commença. les États-Unis manifestèrent leur hostilité militante tandis que les gouvernements latino-américains, dictatoriaux ou non, s'efforcèrent, épaulés par Washington, d'écraser dans l'oeuf toute tentative d'insurrection sur le modèle castriste.
A Cuba, dans les années 1960, aucune leçon ne fut tirée des échecs du "foco", Régis Debray en rédigea même une brillante théorisation dans Révolution dans la révolution (Maspore 1967). En Bolivie, le Parti communiste se refusant à accorder son soutien à l'entreprise. Guevara se retrouva avec une troupe essentiellement composée d'étrangers, et sur un terrain géographique et humain particulièrement défavorable : ni lui ni aucun des siens ne pouvaient communiquer avec les paysans indiens qui ri entendaient pas l'espagnol.
La propagande par l'acte, cette technique qui, avec les anarchistes, au tournant du siècle précédent, avait démontré ses limites et dont la portée était surtout médiatique, ne pouvait remplacer le patient travail de mobilisation et d'organisation des mouvements révolutionnaires tels ceux des Chinois ou des Vietnamiens.
En Amérique latine, les luttes armées, contrairement aux mouvements anticolonialistes d'Asie et d'Afrique, ne pouvaient invoquer la question nationale. On y était formellement indépendants depuis longtemps La théorie du foco, en négligeant le travail politique, concourait à isoler davantage les éléments révolutionnaires. Il faudra vingt ans d'échecs en Amérique latine pour que l'emportent les sandinistes au Nicaragua (1979) après être revenus aux méthodes organisationnelles classiques.
"Jamais un paysan n'a rejoint la guérilla" note Guevara au neuvième mois du journal qu'il tient et qui fut publié après sa mort. Amer constat qui ne laissait d'autre alternative que de continuer, par volontarisme. Tout indiquait qu'il menait à une tragique impasse.
Blessé, Guevara était achevé, parce qu'il était plus commode de l'avoir mort que vif. Sa mort, à laquelle il s'était depuis longtemps préparé, lui conférait l'aura héroïque de ceux qui, tôt disparus, surent vivre et mourir conformément à ce qu'ils prônaient".
Gérard Chaland, spécialiste de géostratégie Le Monde, 10; 10 ;07

mercredi 10 octobre 2007

Leurs héros et les nôtres


J'ai vu un reportage sur la Russie.
Les femmes ont un héros, c'est lui ("il est tellement beau, surtout torse nu" La directrice de Cosmopolitan à Moscou)

Nos héros


Manifestement, nous avons toujours besoin de "héros".. Che guevara , héros de l'impasse

mardi 9 octobre 2007

Avons-nous encore besoin de héros aujourd'hui?


J'ai demandé à mes élèves de répondre à cette question .. pour mardi prochain.

Et vous, qu'en pensez-vous?

"Le rêve des hommes fait événement" Pierre Grelot


Voici la dernière lettre de Pierrot (Pierre Grelot), et le poème de Paul Eluard:


Paris, le 8 Février 1943,

Mes chers parents, mes chers amis,
C'est la fin !... On vient nous chercher pour la fusillade. Tant pis... Mourir en pleine victoire, c'est un peu vexant, mais qu'importe! ...

Le rêve des hommes fait événement...

Nano, souviens-toi de ton frangin. Jusqu'au bout, il a été propre et courageux et, devant la mort même, je ne tremble pas. Adieu petite maman chérie. Pardonne-moi tous les tracas que je t'ai faits. J'ai lutté pour une vie meilleure; peut-être un jour tu me comprendras !

Adieu mon vieux papa. Je te remercie d'avoir été chic avec moi. Garde un bon souvenir de ton fils. Toto, Tototte, adieu, je vous aimais comme mes autres parents. Nano, sois un bon fils, tu es le seul fils qui leur reste, ne fais pas d'imprudence.
Adieu tous ceux que j'ai aimés, tous ceux qui m'aimaient, ceux de Nantua et les autres.
La vie sera belle. Nous partons en chantant. Courage ! Ce n'est pas si terrible après six mois de prison. Mes derniers baisers à vous tous.
Votre Pierrot


Et voici le poème que Paul ELUARD, ami personnel de la famille LEGROS, a écrit pour Lucien LEGROS et ses camarades
AVIS
La nuit qui précéda sa mort
Fut la plus courte de sa vie
L'idée qu'il existait encore
Lui brûlait le sang aux poignets
Le poids de son corps l'écœurait
Sa force le faisait gémir
C'est tout au fond de cette horreur
Qu'il a commencé à sourire
Il n'avait pas UN camarade
Mais des millions et des millions
Pour le venger il le savait
Et le jour se leva pour lui.
(1944)

A propos de la lettre de Guy Môquet


Personnellement , je suis pour la lire, ou, plus exactement, pour parler à cette occasion, à nos élèves, de la résistance, de l'héroïsme et de l'histoire des cinqs "martyrs" du lycée Buffon

lundi 8 octobre 2007

BHL : jusqu'où ira-t-il?


Bien vu le papier de Libé:
BHL "a cessé d'être une simple personnalité médiatique pour devenir un média à lui seul, une chaîne d'opinion continue où défilerait en boucle le monde selon BHL " Eric Aeschiman

"Pour la décroissance, il faut un choc salutaire"


C'est dans Libé aujourd'hui
Notez la perle en fin d'article:


"ce que les grecs appelaient lubris"

Voltaire.Il était à lui seul l'opinion publique (par Robert Redeker)


Article de Robert Redeker paru dans Marianne, à propos du livre de Pierre Milza


Voltaire. Il était à lui seul l’opinion publique.


Par Robert Redeker

Il y a bien eu un siècle de Voltaire comme il y a eu un siècle de Louis XIV. Le Régent ? Louis XV ? Louis XVI ? Effacés. Réduits à des seconds rôles. Devant la postérité, le vrai roi de son siècle, c’est lui, le poète, le dramaturge, le philosophe, François-Marie Arouet, devenu M. de Voltaire (1694-1778). Malgré les déboires, les humiliations, les disgrâces, en dépit de ses innombrables ennemis, des bastonnades et des autodafés, c’est lui qui sort vainqueur de son siècle. C’est lui qui donnera à son siècle son nom. Telle est la leçon du grand livre de Pierre Milza, une biographie d’historien plus haletante que le meilleur des romans : Voltaire.*
Nous sommes le 30 mars 1778. Les manuels scolaires ont omis d’en faire une date de l’histoire de France. Et pourtant ? L’atmosphère de cette journée anticipe celle du printemps 1789. Peut-être même est-ce la première fois que cette atmosphère est perceptible avec autant d’évidence ? Aux portes de la mort, qu’il franchira dans quelques semaines, rentré de Ferney, Voltaire traverse Paris en carrosse pour se rendre à l’Académie. La foule – le peuple de Paris - le reconnaît, l’acclame ; l’attelage ne se fraye un passage qu’avec peine au milieu de l’enthousiasme populaire. Des gens montent sur la galerie de la voiture afin de voir le héros. Les acclamations, les cris de joie n’ont fait que s’amplifier tout au long de la journée. Evénement immense, dont les funérailles d’Hugo seront un écho : pour la première fois un écrivain est fêté par une foule aussi nombreuse qu’admirative, pour la première fois une marée humaine acclame un écrivain. Ou plutôt : ce n’est pas autour de l’écrivain qu’elle se presse, mais de l’écrivain devenu intellectuel, le défenseur de Calas, du chevalier de La Barre, le pourfendeur des injustices et des barbaries. Le roi, ce n’est pas Louis XVI, le roi, pour cette foule, c’est Voltaire ! Toute une vie pour en arriver là. Toute une vie pour cette apothéose. Né sous Louis XIV, Voltaire s’éteint à la veille de la Révolution : son nom, ce printemps de 1778 le laisse deviner, va peser sur l’histoire.
Nul n’est plus méconnu que Voltaire. L’ouvrage de Pierre Milza restitue l’écrivain dans sa complexe vérité : il y a loin en effet entre le poète mondain, dévoré par un insatiable besoin de reconnaissance, une ambition le traînant de cour en cour, et le premier intellectuel de l’histoire, celui qui tracera la voie à Hugo, à Zola et à Sartre. « L’intellectuel, a écrit Sartre, est quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas ». A savoir : le pouvoir. Exactement ce que sera le dernier Voltaire : quelqu’un qui se mêle du pouvoir. Le poète mondain des débuts n’aspirait qu’à briller devant le pouvoir, obtenir les faveurs des Princes, attirer le regard des monarques et de leurs favorites, fasciner Louis XV et Frédéric II jusqu’à prendre le risque d’être leur bouffon. L’intellectuel des dernières années, l’avocat des persécutés, au contraire, affronte directement le pouvoir. Milza en signale la grandeur : « ce qui fait sa grandeur (…) c’est le caractère solitaire de son entreprise Aucun parti, aucune force politique, aucune coterie derrière lui, pas même la maçonnerie ». L’affaire Calas fut un combat solitaire comme le sera, deux siècles plus tard, celui de Soljenitsyne. Les philosophes – Diderot, Rousseau – ne se sont pas rangés à son côté. Qu’à cela ne tienne ! Il s’appuiera sur l’opinion publique, que, de fait, il invente, et qu’il définit comme la voix publique : « je parle de cette voix, de toutes les honnêtes gens réunis qui réfléchissent, et qui, avec le temps, portent un jugement infaillible ». Appuyé sur l’opinion publique il obtient la réhabilitation de Calas.
Rien de plus romanesque que sa vie ! Un trait, aux yeux de Milza, la caractérise : lorsqu’il est parvenu à son ambition, entrer dans l’intimité des Rois, briller à la cour du plus bel éclat, il commet invariablement quelque imprudence qui le précipite dans la disgrâce. C’est le ressort du roman, non ? Boudé, en représailles à ses incartades, par Louis XV, qui le fit auparavant officier de la chambre du roi et historiographe officiel, il se précipite à la cour du roi-philosophe, « le Salomon du Nord », Frédéric II de Prusse. Là, comme partout, il aurait pu jouir de sa situation, d’autant plus que le monarque lui vouait une amitié sincère. Il en arrive cependant à changer ce roi en ennemi. Avant de finir symbole pour toujours de la liberté d’expression, Voltaire aura tout été : brillant élève des jésuites à Louis-le-Grand, clerc de notaire, libertin dévergondé, courtisan à Versailles, tragédien aux succès instables, premier historien moderne, chambellan de Frédéric II, financier de haute volée, hobereau à Ferney, patriarche du parti des philosophes. Il aura tout connu : la gloire et l’infortune, l’exil et l’errance, l’amitié et la trahison, l’amour d’une femme qu’il tenait, non sans raisons, pour supérieure à lui, Emilie du Châtelet. Jusqu’aux guet-apens dignes de films de cape et d’épée commis par des coquins sur commande de nobles seigneurs, le chevalier de Rohan ou Frédéric II lui-même. Il aura été aimé, admiré, jalousé et haï comme personne. Il aura montré les mille facettes, dont certaines particulièrement déplaisantes, de sa personnalité. On le découvre à chaque page de cette biographie : autant qu’un siècle, Voltaire aura été un roman !
« Ecraser l’infâme » - cette formule revenant souvent sous sa plume constitue le fil rouge de sa vie. L’infâme : l’alliance despotique du trône et de l’autel, de la superstition et de la barbarie, dont le règne social passe par l’intimidation et la terreur. L’infâme : tout ce qui, issu du christianisme fait obstacle au progrès de l’humanité. Le chevalier de La Barre s’était rendu coupable d’abominables crimes : blasphème et impiété. Il fut condamné à avoir la langue coupée, la tête tranchée, le corps mutilé brûlé en même temps que le Dictionnaire Philosophique de Voltaire, œuvre diabolique qui avait été retrouvée dans son appartement. La France du siècle des Lumières est bien ce pays où l’infâme pousse à commettre de sang-froid « des barbaries qui feraient frémir des sauvages ivres ». L’infâme qui, à travers quelques prêtres sans scrupules, travaillèrent en vain à arracher au Voltaire à l’article de la mort une rétractation de ses impiétés et une profession de foi. Ne concluons pas cependant à l’athéisme de l’auteur de Candide. Adversaire des religions révélées, pourfendeur des fétichismes, Voltaire, ce qui l’opposait à Diderot, croyait sincèrement en Dieu – un Dieu horloger. En déiste, sans croire la Bible, ni l’Evangile.


Voltaire n’a rien été de moins qu’un tournant de l’histoire. Avec lui commencent l’intellectuel et l’opinion publique. Partout dans le monde, il se dit : Voltaire, c’est la France. La France libératrice, la France émancipatrice, la France étendard des droits de l’homme. L’encre de Voltaire fut le berceau du message de la France au monde. Au-delà de l’hexagone, le mythe de la France et le mythe de Voltaire correspondent. Ainsi, au terme de son parcours, une mue intérieure suivie pas à pas par Milza, Voltaire était devenu plus que l’homme-siècle : l’homme, pour toujours et à tout jamais, au-delà de sa propre mort, symbole universel de la liberté. Les fanatismes égorgeurs trouveront toujours le souvenir de Voltaire sur leur route. Milza fait bien d’approuver, à la dernière ligne de son livre, l’appréciation d’Hugo : Voltaire, « l’homme qui est mort le 30 mai 1778 est mort immortel ».


* Pierre Milza, Voltaire, Perrin, 913 pages, 26,50€.

dimanche 7 octobre 2007

La cause animale , suite



Les rats aussi nous interpellent ...


"Tous les êtres circulent les uns dans les autres [...]. Et vous parlez d'individus, pauvres philosophes! " D'Alembert, cité par Lord Chandos, "Lord Chandos et ses rats", in Le silence des bêtes de E. de Fontenay

samedi 6 octobre 2007

La cause écologique et la "prise de conscience libératrice"

Toute prise de conscience est-elle libératrice?


Le sujet de TL tombé au bac l'an passé présentait une difficulté commune à tous les sujets appelant une réponse évidente, unilatérale. La philosophie nous enseigne que la liberté procède de la lutte contre l'illusion et que, par conséquent, toute prise de conscience est souhaitable et, naturellement, (au moins à terme) émancipatrice. On pense immédiatement à la prise de conscience actuelle des menaces qui pèsent sur l'avenir de la planète (voir " La nature a-t-elle des droits ? " lien ci -dessous). Un récent sondage nous apprend que 93% des français semblent désormais acquis à la cause écologique. Pourtant toute prise de conscience n'est ni toujours ni immédiatement libératrice. La prise de conscience de l'injustice et de l'oppression subie, par exemple par un peuple - voyez aujourd'hui au cas de la Birmanie - ne semble pas être en mesure d'ouvrir pour autant le chemin de la liberté. Entre le désir de libération et la révolution, il y a donc une marge ! Dans le même ordre d'idées, l' actuelle prise de conscience de la réalité du réchauffement de la planète ne suffit évidemment pas à susciter les mesures draconiennes qui s'imposeraient, en conséquence, au niveau international. Néanmoins, on doit - envers et contre tout - garder à l'esprit la thèse de La Boétie dans son Discours sur la servitude volontaire. Pour lui, l'aliénation a toujours partie liée avec une forme de consentement irrationnel à notre sort, consentement tout aussi inconscient qu'aveugle : " La seule liberté, les hommes la dédaignent, uniquement, ce me semble parce que s'ils la désiraient, ils l'auraient ... "(Payot, p 181) . En clair : la prise en main responsable de notre avenir comporte nécessairement, à titre de première étape, la prise de conscience de nos illusions, de nos erreurs, de nos aveuglements, de notre redoutable apathie, et de la terrible propension de l'humanité tout entière à la démesure.
http://209.85.135.104/search?q=cache:TMAw084rFWIJ:www.leparisien.fr/home/info/faitjour/articles.htm%3Farticleid%3D290937585+Les+fran%C3%A7ais+pr%C3%AAts+pour+l%27%C3%A9cologie+sondage+septembre+2007+Le+Parisien&hl=fr&ct=clnk&cd=1&gl=fhttp://
Et : La nature a-t-elle des droits ?blog.philo-hatier.com/index.php?2007/09/21/17-la-nature-a-t-elle-des-droits











Justice distributive: de droite ou de gauche ?


C'est le sujet de la chronique de Eric Le Boucher ce soir

La cause animale


Le texte de Bertrand Legendre aujourd'hui dans le Monde ("Les animaux prennent la parole", 7-8 octobre) me fait penser aux premières pages du livre de E. de Fontenay, Le silence des bêtes.

Les animaux ne peuvent pas prendre la parole pour défendre leurs droits (par exemple le taureau ne peut pas dire s' il est honoré de pouvoir mourir glorieusement, comme le suppose F. Wolff dans son livre sur la corrida) .
C'est pourquoi l'animal est un "paradigme de la victime" (J.F. Lyotard, Le différend).
E de Fontenay cite Engels à propos des chiens et des chevaux :

"quiconque a eu souvent affaire à ces animaux aura de la peine à échapper à la conviction qu'il y a quantité de cas où ils sentent maintenant que leur incapacité à parler est un défaut, bien qu'il n'y ait malheureusement plus rien à faire" 'p 22)

vendredi 5 octobre 2007

"De l'extermination considérée comme un des beaux-arts"




"Meyronnis contre le nihilisme" dans le Monde (De l'extermination considérée comme un des beaux-arts, par François Meyronnie)

Un livre qui s'en prend à Houellebecq et à Littell...

"N'avons-nous plus d'autre horizon que l'extermination"?

Ne pouvons-nous "rejoindre les territoires où "l'esprit de vengeance recule et où l'amour met en échec la terreur" ?


(je rejoins pour ma part ce malaise de l'auteur à la lecture du livre de Jonathan Littell)

Une discrimination positive à la française?

Difficile de comprendre la thèse de l'ouvrage dont le Monde faisait le compte rendu hier:
"Une discrimination positive à la française? Ethnicité et politique de la ville".
de Milena Doytcheva, par Alexandra Laignel-avastine
Seule la conclusion est tout-à-fait claire: "les euphémismes ne font pas une politique"

jeudi 4 octobre 2007

"Comment imposer l'utopie, sinon par la terreur ? "


Lire l'article de Laurent Joffrin aujourd'hui à propos du livre de Orlando Figes sur la terreur léniniste dans Libé.

(pour faire un sort à l'idée courante selon laquelle Staline a dévoyé la généreuse théorie marxiste-léniniste)

mardi 2 octobre 2007

Penser le XXI ième siècle


C'est une idée d'exposé que je vous soumettrai vendredi.
En attendant, pour tous ceux qui préparent IEP: lire et archiver l'article d'un des meilleurs spécialistes actuels des relations internationales, Pierre Hassner (Le Monde daté du 2 octobre 2007, Le siècle de la puissance relative)

Le métier de journaliste

Mon amie Jacqueline Rémy répondra à vos questions sur son métier, si vous le désirez. Adressez-vous à elle sur son blog (dans quelques jours, car actuellement elle est un peu débordée avec la sortie de son livre)

lundi 1 octobre 2007

Comment je suis devenu français


Dernier livre de J. Remy

La lettre de Jacqueline Remy à Rama Yade






C'est sur Poste restante

A propos de l'intolérance religieuse


(Extrait de l'interview de Jean-Louis Schlegel dans la chronique d'Amnesty International de Octobre 2007


Les religions, avec leur prétention à détenir de façon exclusive la vérité, ne sont-elles pas par nature intolérantes?


"Personnellement, je parlerais plutôt de l'éternelle et universelle « passion » religieuse. Anthropologiquement parlant, la religion est une grande passion, avec tous les dangers que cela comporte. La religion a partie liée au corps individuel et collectif de l'homme qui vit et meurt. Même chez des croyants « tièdes » elle joue sur toutes les dimensions : le coeur, l'esprit, le sexe, les forces vitales profondes. Le rapport religion-passion-vérité peut alors devenir problématique s'il n'est pas filtré par la raison, le savoir, la culture soit, les institutions. Cette régulation raisonnable est très difficile dans toutes les religions. Et la tension entre raison, et foi est redevenue essentieIle: au moins sur ce point le partage la ligne (un peu simple) de Benoît XVI lorsqu'il rappelle que la raison doit corriger les « pathologies » de la religion (tandis que son prédécesseur était tenté de redonner la primauté à la foi). Cependant l'Église catholique peut paraître particulièrement « intolérante ». Elle est surtout (de nouveau) très « intransigeante ». Ainsi de l'appel (de forme très fondamentaliste!) aux catholiques à ne plus financer Amnesty International en raison de ses positions sur l'avortement. Il y aurait beaucoup à dire là-dessus, à commencer par l'arrogance d'une institution qui a admis au cours de son histoire et jusqu'à nos jours tant de compromis et d'abjections! En tout cas, un appel au boycott d'Amnesty est grotesque: les catholiques en Europe devraient alors quasiment s'abstenir de politique et de coopération publique puisque dans les États démocratiques, presque tous les partis, gouvernements, associations, etc. prônent des lois permettant l'IVG ou le mariage des homosexuels". (JL Schlegel , ^propos recueillis par Benoît Guillou)

La liberté en conflit avec elle-même?


Liberté de croire (dossier)


DU DROIT ET DES DEVOIRS LIÉS À LA LIBERTÉ D'EXPRESSION

"Le droit à la liberté d'opinion et d'expression devrait être un des fondements de toute société. Ce droit implique « le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit» (Déclaration universelle des droits de l'homme, article 19). Depuis plus de quarante ans, Amnesty International défend ce droit contre les tentatives menées par les gouvernements du monde entier pour réprimer les mouvements religieux, l'opposition politique et la créativité artistique. Cependant, le droit à la liberté d'expression n'est pas un droit absolu - ni pour les dessinateurs ni pour ceux qui Les critiquent. Il s'accompagne de responsabilités et peut, de ce fait, être soumis à des restrictions dans l'intérêt des droits des autres. En particulier, toute apologie de la haine nationaliste, raciale ou religieuse constituant une incitation à la discrimination, l'hostilité ou la violence ne peut être considérée comme l'exercice légitime du droit à la liberté d'expression. Les normes internationales prévoient que de tels «discours de haine» doivent être interdits par la loi. Amnesty International demande aux personnes travaillant pour les médias d'agir avec tact et de faire preuve de responsabilité. La controverse au sujet des caricatures illustre que, dans l'espace médiatique marqué par une globalisation croissante, ce qui se passe dans un pays peut avoir un impact considérable en dehors de ses frontières".


Extrait d'un communiqué de presse d'Amnesty International - 6 février 2006

Liberté d'expression, liberté de croire: la confrontation

Excellent dossier dans le numéro d'Octobre 2007 d'Amnesty International.
"L'exception française finira-t-elle par s'imposer en Europe ou, au contraire l'intégration européenne aura-t-elle progressivement raison d'elle?" ( article de Jean-Claude Guillebaud)
Je vous joins des extraits.