jeudi 5 juin 2008

Clairvoyance de Rousseau








« Je prouverais enfin que si l’on voit une poignée de puissants et de riches au faîte des grandeurs et de la fortune, tandis que la foule rampe dans l’obscurité et dans la misère, c’est que les premiers n’estiment les choses dont ils jouissent qu’autant que les autres en sont privés,et que, sans changer d’état, ils cesseraient d’être heureux, si le peuple cessait d’être misérable »

Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, Hatier, p 96

2 commentaires:

sandra a dit…

oui ca me fait penser à un article de mona chollet :(extrait de http://www.monde-diplomatique.fr/2008/04/CHOLLET/15818)


Ce qu’il est impossible d’éluder cependant, c’est que le sarkozysme implique forcément un bras d’honneur adressé au plus grand nombre. Le bras d’honneur est inscrit dans le principe même de la « consommation ostentatoire », nom savant de ce « bling-bling » devenu son emblème. Ce modèle de réussite n’est pas fait pour être extensible ; il n’est pas un modèle. Sa réalisation exige qu’il reste assez de gens, d’une part pour vous jalouser, d’autre part pour vous servir. Il suppose un public à épater, pour ne pas dire à humilier ; et, pour qu’il soit épaté, il faut qu’il soit moins riche. Tout le style de cette présidence, d’ailleurs, est empreint d’un rapport de défi et de défiance à l’égard de la populace, comme en témoigne la fâcheuse propension du chef de l’Etat à adopter à la première occasion, lors de ses déplacements, l’attitude d’un caïd de sous-préfecture (« Descends si t’es un homme », « Casse-toi », etc.

Lhansen-Love a dit…

Oui, toutefois le "sarkozysme" n'est qu'un cas particulier d'un trait caractèristique de l'homme en général.
Rousseau visait les riches de son temps, les aristocrates, pas les parvenus..