samedi 14 février 2009

Devenez frugalista


Faites l'expérience d'une vie plus simple (viande ou poisson deux fois par semaine maximum).

"Par bien des aspects le mode de vie éthique est très proche du mode de vie frugal". Leo Hickman (dans le dernier numéro de Courrier international, dans la série "Merci la crise".
j'ajoute: merci à Epicure, Epictète, Spinoza, Rousseau et tant d'autres de nous avoir éclairé et montré la voie!

13 commentaires:

Anonyme a dit…

Et encore !
La viande deux fois par semaine, ce n'est franchement pas nécessaire !
J'approuve votre opinion.
C.S.

florian a dit…

La philosophie... comme manière de vivre.
Peut-on aussi remercier Pierre Hadot de nous montrer la voie pour rencontrer ceux qui nous montrent la voie ?

Lhansen-Love a dit…

Quel est le livre de Pierre Hadot, rappelez-le moi?

Anonyme a dit…

Ah non non non non non... Vous n'allez pas vous aussi entrer dans le jeu hygiéniste-végétarianophile!
1) Si l'abatage industriel est condamnable, chacun doit rester libre de manger boire fumer absorber avorter tout ce qu'il veut car il s'agit de son corps, qui est le plus inaliénable."Fais ce que vouldras!" doit rester la devise, et non "mange moins de viande!"
2) Créer une oeuvre (esthétique ou de pensée) met parfois en jeu des forces violentes et profondes qui peuvent nécessiter une dépense du corps incommensurable avec la norme, la santé de tout un chacun. Ainsi certains auront besoin de fumer, de boire ou d'être des ogres carnivores (Sartre, Deleuze, Thomas Clayton Wolfe...)
3)Chercher à se conserver (par exemple en suivant un régime de vie "équilibré"), c'est déjà ne plus vouloir croître, c'est déjà un signe de déclin des forces.
4)"Je ne veux que des hommes gros à mes côtés", dit le César de Shakespeare. Pourquoi? Parce qu'ils ne sont pas de ces fanatiques ascétiques et émaciés qui lui planteront une dague politique dans la poitrine. Seul l'esthète, le gourmet, le littéraire, le sceptique, la verrue sur le visage social - n'est pas prêt à tuer son prochain. Il suffit aux autres de "circonstances favorables".
5) On peut manger de la viande tous les jours ou tous les deux jours sans qu'elle provienne de sources où les bêtes sont maltraitées pour les besoins du marché, tout en restant, sinon émacié, du moins svelte.

Ah on non non non non...

R.

florian a dit…

Hadot a produit plusieurs très bons livres qui permettent d'entrer dans la philosophie stoïcienne.
Déjà les grands livres d'histoire de la philosophie : La citadelle intérieure (Fayard), Qu'est-ce que la philosophie antique ? (Folio), Eloge de la philosophie antique (leçon inaugurale au collège de France chez Allia), Apprendre à philosopher dans l'antiquité (l'enseignement du manuel d'Epictète et son commentaire néo-platonicien) un petit livre superbe écrit avec Ilsetraut Hadot (Poche).
Il y a ensuite les livres sur la pratique de la philosophie comme manière de vivre, des entretiens, des expériences. Pour Pierre Hadot, faire de la philosophie, c'est être philosophe. On ne peut pas écrire sur Epictète sans être stoïcien, sinon on ne serait pas philosophe, mais historien : La philosophie comme manière de vivre (Albin Michel), Exercices spirituels et philosophie antique (le plus beau) (Albin Michel) et enfin, N'oublies pas de vivre (le dernier) Goethe et la tradition des exercices spirituels (toujours chez Albin Michel).

Laurence, vous semblez apprécier Henry David Thoreau, Hadot l'apprécie aussi, dans Exercices spirituels et philosophie antique, un bel article sur Thoreau : "il y a de nos jours des professeurs de philosophie mais pas de philosophes."

Un autre grand "passeur" de sagesse antique : Lucien Jerphagnon et son "Au bonheur des sages" (Desclée de Brouwer) , un homme rare, précieux, comme Pierre Hadot.

Lhansen-Love a dit…

si si si si!
je ne veux empêcher personne de boire, fumer des joints ou prendre des lignes etc..
Mais : pas de viande. Car pour entretenir les boeufs on dépense des sommes folles en céréales qui pourraient être employées à nourir des milliers de gens.En plus ils pètent et cela pollue?
Il faut aussi arrêter de consommer de l'essence, prendre l'avion à tout bout de champ etc...
Cela dit, je n'ai pas de moyens de coércition à ma disposition (!)
Hans Jonas dit: il faudra bien en venir à la dictature pour sauver la planète... je le laisse dire...
De toute façon la crise va nous obliger à prendre ce tournant.
Quant aux gens qui ont besoin d'une côte de boeuf chaque jour pour être créateur, laissez moi rire.
"Vouloir croître"??? Vous croyez que nos neurones augmentent avec les protéines? Alors les obèses aux Etats-Unis, que de génies potentiels!
Je ne pense pas que ni Spinoza ni Nietzsche étaient des super-consommateurs, même si je n'en sais rien.
De toute façon Nietzsche a fini sa vie en embrassant un cheval à Sils Maria. Donc lui et moi nous nous comprenons sans parole.

Lhansen-Love a dit…

Merci Florian!

Anonyme a dit…

Sauf votre respect, vous détournez mon propos. Ce que vous décrivez est l'état de choses industriel de l'abattage et de la consommation, que je trouve très grave et condamnable. Cela fait partie du devenir-technique de la planète, du Gestell etc. On peut encore y échapper. Alors oui, c'est plus cher, mais il faut être vil pour vouloir payer moins cher les choses qui demandent de l'effort, du travail humain, de la culture (car l'agriculture est de la culture). Et si on s'organise, ce n'est pas plus cher.

Donc bien entendu, Spinoza et Nietzsche ne furent pas des super consommateurs comme vous dites, d'abord parce que c'eût été anachronique, ensuite parce que Ntz, si je m'arrête à lui, était malade. Mais à peine arrive-t-il sous le ciel anti-puritain de l'Italie qu'il se réjouit de... la qualité de la nourriture et du buon vino. Votre autre interlocuteur cite Goethe. Bon exemple: il buvait un litre de vin à chaque repas à lui tout seul.

Ne pas rouler en voiture: c'est mon cas. Uniquement les transports en commun. Mais pour autant, je sais que dans cet ordinateur sur lequel je tape (et sans doute aussi dans le vôtre), il y a un paquet de composants pétrochimiques. Dans vos produits cosmétiques aussi si vous n'y prêtez attention.

Croître: ce n'est pas une question de neurones, pour moi. Ni de santé au sens commun de ce terme. Alexandre Jollien, aujourd'hui, n'est pas en bonne "santé", mais il est plus sain que beaucoup de gens sveltes et abstinents. C'est un philosophe qui parle depuis lui-même, depuis l'expérience d'exister en un corps malade génétiquement. Bien sûr que tout est affaire, en dernière analyse, d'art de vivre, et que l'obésité ne garantit pas le génie (quoique: Jim Harrison, TC. Wolfe - deux ogres américains dont le premier toujours vital - Stendhal, Swift... pas obèses mais bien gros).

Sur les exercices spirituels: je connais pas mal de boddhistvas qui savaient vivre, pisser leur saké sous la lune, roter et péter dans le haïku comme Arthur pissait dans le poème ("La Bourrache").

Pourquoi vouloir ces moyens de coercicion dont vous parlez? Comment irez-vous empêcher les Nahuatl de manger leur viande rituelle? En leur faisant un sermon stoïcien? D'ailleurs je n'ai rien contre les stoïciens, auxquels Ntz emprunte l'Amor Fati. Ma devise reste gargantuesque: "Fais ce que vouldras" - et lutte contre l'universelle technique qui asservit l'homme et la nature.

Mais bon, j'ai remarqué que sur ce sujet, jamais je n'ai vu les partisans du végétarisme/talisme s'accorder ne serait-ce qu'une seconde avec les partisans de la côte de boeuf. C'est une ligne de partage infranchissable.

Tant pis.

R.

Duobrio a dit…

Ben, ...... moi, j'aime bien un steak tartare fait maison de temps en temps, une bonne côte de boeuf charolais, des travers de porc grillés marinés à l'asiatique, une tadjine de veau, mais j'aime AUSSI des gratins de blettes, des salades de fruits à la citronnelle, des pâtes à l'italienne ou à la chinoise, du riz japonais,un bar de ligne grillé, un bon fromage et du bon, du vrai pain, etc...

Si vous voulez restreindre les voyages en avion, vous savez bien que ce sont encore ceux qui en ont les moyens et le pouvoir qui continueront en profiter, donc pas "juste" Laurence !

Les obèses ne consomment pas plus de viande que les autres au contraire mais privilègient les produits style fritures, mac do, chips, bonbons, plats tout préparés trop salés pour masquer les (mauvais) goûts et ne mangent pas assez de fruits, légumes.
Ils consomment en majorité les aliments contenant les fameux "trans" si nocifs à notre santé et autorisés en France (aux EU, la mention "no trans" figurent sur les produits et à New York, ils sont INTERDITS).
Faites-vous attention aux TRANS ?

Duobrio a dit…

Un ptit bout de viande n'est quand même pas aussi nocif qu'une ptite ligne, Laurence !!
A choisir, je préfère voir nos enfants dévorer un bon rôti que de les imaginer sniffer ...

Lhansen-Love a dit…

Je voudrais bien vivre en épicurienne , mais je n'y parviens pas..
Mais je me fais du souci non pas pour ma santé, contrairement à ce que vous pensez, mais pour celle de la planète.
Enfin le sagesse, c'est le refus de l'hubris, de toute façon.
Mais je ne prétends pas être sage...

Anonyme a dit…

Ma foi si, vous parvenez à vivre sinon en "épicurienne", du moins selon les préceptes d'Epicure, si vous vous contentez d'un verre d'eau et d'olives dans votre Jardin.

Epicure n'est pas l'apôtre du grand boire et du grand manger. Moi non plus d'ailleurs. Seulement du choix de vie qui convient à l'augmentation de notre puissance sur nous-même.

La philosophie du Jardin est l'une des plus belles, à mon sens, puisqu'elle n'a d'autre but que de nous libérer de la peur. Pas si simple qu'on le croit.

Et qui n'a plus peur est éternel.

R.

Lhansen-Love a dit…

A Paris mes chèvres me manquent