mardi 22 mai 2007

Lettre de Guy Môquet : la lire ou pas


J'ai lu attentivement les textes de deux profs (Libé) qui décident de ne pas lire cette lettre.
Ils ont des arguments dont certains sont convaincants .. (un historien ne doit pas valoriser l'émotion mais inciter à la réflexion etc..)
Pourtant je pense qu'ils sont à côté de la plaque.

Commencer l'année en donnant l'exemple de la désobéissance (résistance au système arbitraire et injuste incarné par Nicolas Sarkozy) ou de l'insoumission, comme on voudra - ne me paraît pas très heureux.
Au moment où la réhabilitation de notre autorité est un problème crucial , envoyer ce " message "
implicite à nos élèves ("nous les profs nous ne plions pas devant l'autorité" ) ne me paraît pas très malin.. pour être polie.

6 commentaires:

Baptiste Jacomino a dit…

Je suis d'accord avec vous.

J'ajoute qu'à l'évidence ici on n'est pas dans le domaine de l'histoire mais dans celui de la mémoire. Et que la mémoire a elle aussi toute sa place dans les établissements scolaires depuis bien longtemps. Je me souviens des belles cérémonies du 11 novembre du lycée Masséna ou du lycée Louis-le-Grand. On donne aussi aux établissements scolaires des noms glorieux lors de cérémonies émouvantes. Il s'agit d'honorer les morts glorieux, comme lors de nombreuses fêtes nationales ou de cérémonies d'entrée au Panthéon. Une vieille tradition républicaine qui s'est toujours appuyée sur l'émotion.

On n'est pas du tout dans la même situation que quand l'Etat prétend faire l'historien, avec des lois sur l'histoire des colonies par exemple. Là, il s'agit de la lecture d'une lettre qui n'est pas prise dans une polémique historique, mais qui est déjà une référence mémorielle pour les communistes (depuis bien longtemps), comme pour tous ceux qui ont une haute idée de la résistance française.

J'ai l'impression qu'on n'est pas d'accord parce que c'est Sarkozy qui l'a dit et je trouve ça triste et épuisant.

Pourquoi cette manie enseignante de gaspiller son indignation et ses capacités de rebellion?

Christophe a dit…

Et vous avez bien raison !

Anonyme a dit…

j'approuve

Jacopo a dit…

Oserais-je ajouter que le discours prononcé par Sarkozy au Bois de Boulogne, en commentaire à cette lettre, est - lui aussi - historique! Je souligne l'idée que nous avons à former non pas de grands enfants mais des hommes. Et qu'un homme doit être prêt à servir sa communauté plutôt que de songer toujours à s'en servir (Kennedy n'avait-il pas dit quelque chose de semblable, il était plutôt 'de gauche' néanmoins)...

cercamon a dit…

@ Baptiste: est-il sûr que la distinction soit si claire entre la mémoire et l'histoire si ladite lecture est faite dans le cadre de la classe (les exemples que tu donnes des cérémonies, etc., mémorielles s'inscrivent clairement dans des lieux et des moments de mémoire)?
@ LHL: vous citez l'article de Libé, qui est assez confus. Avez-vous lu l'article homonyme du Figaro qui me semble, sans que j'approuve tout ce qui y est dit, plus pertinent en ce qu'il confronte une mesure qui instrumentalise l'école au service d'objectifs idéologiques (éventuellment louables) au manque de ce qui est sa mission éssentielle?

Anonyme a dit…

En ces temps où démagogie rime souvent avec sensiblerie, voici un article qui replace
les événements douloureux de notre histoire dans leur véritable contexte.
http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=582&Itemid=60