jeudi 28 juin 2007

La politique doit-elle se passer d'homme providentiel?


En fait, c'est une définition de la démocratie
"La démocratie est un régime qui avoue, que dis-je, qui proclame, que la politique est écrite non en vers, mais en prose" Raymond Aron (Introduction à Le savant et le politique).
Dans Mythes et mythologies politiques, Raoul Girardet explique qu'il existe quatre mythes politiques fondamentaux, qui ont joué un rôle déterminant au XX ième siècle
Le mythe de l'Un (unité fictive du peuple et de l'Etat)

Le mythe de l'âge d'or
Le mythe du sauveur
Le mythe du complot



Le fascisme, le nazisme, le communisme, se fondent sur l'exploitation de ces mythes.
Le mythe du sauveur recoupe évidemment celui de l'homme providentiel.
Maintenant , on peut envisager une interprétation plus rationnelle de la "providence" et du "provid
entiel" (interprétation métaphorique?).
On retrouve alors le thème du grand homme (traité par moi ce
tte année). Le grand homme est-il de l'ordre du mythe (les fondateurs de cités) ou bien une réalité?
On pense aussi bien sûr u Prince de Machiavel: peut-il être pensé comme un homme de typ
e "providentiel"?
Dans "providentiel", il y providence, qui est un terme religieux. Or, le Prince de Machiavel est un hom
me prosaïque, pragmatique, et avant tout réaliste. Le terme "providentiel" peut-il le qualifier correctement? Oui et non.
Espérer l'homme providentiel, c'est attendre le salut d'un ailleurs. Ce qui est
anti-démocratique!

Le sujet fa
it peut-être un peu malicieusement référence à notre cher président... Est-il , sera-t-il l'homme providentiel qu'il voudrait être (capable de réformer la France, de réconcilier les français avec le travail, de rétablir une bonne croissance et le plein emploi...).





Enfin, en conclusion , c'est un beau sujet!
Oui, dans un premier, temps, je dirais que la politique (républicaine et démocratique) devrait pouvoir se passer d' "homme providentiel".
Et que pourtant...
Dans tous les grands
moments (fondations, crises, révolutions, redressement économique, guerre évidemment) , ce sont des hommes hors normes, charismatiques, habités, inspirés par le sens de l'histoire, qui sauvent la face ou remettent le pays sur les bons rails.
Cela renvoie
à la question plus large du désenchantement du monde. La politique peut-elle se passer de la religion - le meilleur de la religion est l'espérance, la foi en un avenir meilleur. Et cette espérance, il est bien naturel de la trouver incarnée..
Incarnée dans un homme providentiel?

4 commentaires:

agathe a dit…

Bonjour, en fait j'ai fait cette dissertation, et pour moi il faut absolument que la politique apprenne à se passer d'un homme providentiel, on ne peut rationnellement confier le sort d'un pays en crise à un homme et son gouvernement entièrement dévoué, non seulement comme vous l'avez dit c'est anti-démocratique mais c'est aussi le moyen pour les hommes de se décharger de toutes responsabilités... Et cet accès au pouvoir de "l'homme providentiel" s'il a su résoudre des crises, il a su en créer des effroyables en manipulant les hommes avides de posséder un grand dirigeant...

Anonyme a dit…

non, il ne faut pas être aussi catégorique. C'est une question complexe, on ne peut la balayer ainsi d'un revers de la main..LHL

Johanne a dit…

Madame Hansen Love, comment définiriez vous un "homme providentiel" ?

Lhansen-Love a dit…

Johana, c'est tout l'objet de ce message
L'homme providentiel ou sauveur, celui qui va incarner une "Providence" c'est-à-dire une orientation finalisée de l'histoire. Celui qui va guider le peuple en particulier en temps de crise.
L'idée d'"homme providentiel" (investi d' une vocation sacrée) est évidemment en contradiction avec celle de démocratie, au moins en apparence, si la démocratie est laïque...