samedi 22 mars 2008

L''euthanasie : une question philosophique?




La première réaction en ce qui concerne le drame vécu par Chantal Sébire est l’indignation. N’est-il pas incroyablement cruel de refuser à quelqu’un de mourir dans un cas comme celui-là ?
Et pourtant, il faut dépasser le stade de l’indignation pour réfléchir, comme l’ont fait ce matin Luc Ferry et Jacques Julliard (LCI)
Tout d’abord, il faut remarquer que le problème est relativement nouveau. Dans une société profondément marquée par le christianisme, la vie est un don de Dieu et l’homme n’a pas le droit d’en disposer. On serait tenté de dire que ceci est un archaïsme, qui ne nous concerne plus. Cependant le droit français, et le principe de l’indisponibilité du corps (comme celui de l’indisponibilité de la filiation) en sont toujours les héritiers. On ne peut pas balayer ces principes d’un revers de main. C’est l’occasion de noter que la philosophie –plus sollicitée désormais que par le passé –remplace la théologie et les convictions religieuses dans une société laïque. Mais elle ne fournit que des interrogations et non pas des réponses se substituant à celles de la religion.
La question morale est la suivante : « A qui appartient-il de décider ce qui est mieux, ou ce qui est le moins mal pour un individu ? A l’individu, ou bien à la société ? « Problème fondamental, et plus général : De quel droit la société m’interdit-elle certaines choses (voir ci-dessous à propos de l’inceste). Si je décide de me suicider, par exemple, cela ne regarde-t-il que moi ?

Problème juridique : la loi doit-elle imposer une règle générale qui est bonne, par définition, en général (ici : que la médecine préserve la vie) ou bien doit-il intégrer l’idée d’exception ? Mais une loi prévoyant des dérogations à ses propres principes paraît peu logique. Le propre de la loi c’est d’énoncer des principes qui valent pour tous. La loi d’exception, ou la loi qui énonce des exceptions est une contradiction dans les termes…
Pour finir, on se demandera qu’est-ce qui rend le droit légitime . Le droit doit-il exclusivement veiller aux intérêts et au bien-être de l’individu ? Ou bien doit-il préserver le bien collectif (principe qui reste juste de l’indisponibilité du corps) au mépris de la soufrance ou de désespoir de certaines personnes

3 commentaires:

Anonyme a dit…

je ne comprends pas ce principe d"indisponibilité du corps " 'malgré le lien ..pouvez vous m aider ?

Lhansen-Love a dit…

Le corps est indisponible: cela veut dire
1) Qu'il ne m'appartient pas
2° Qu'il n'est pas une chose, je ne peux ni le vendre, ni le céder ni le louer etc.. Le corps n'a pas de prix. Avez-vous lu, sur le lien que j'ai mis, le texte de Mm. Delmas -Marty (les principes ethiques régissant le droit humain)?

erictoulouse a dit…

Bonjour,

Si "se prostituer" n'est ni vendre ni louer son corps, comment cela s'appelle-t-il ?

Et vendre des organes, ici ou là sur la planète, voire les donner pour une transplantation, va aussi à l'encontre de dispositions juridiques concernant l'indisponibilité du corps...

Par ailleurs, les "dispositions juridiques" durent ce que durent les roses, c'est-à-dire aussi longtemps que des besoins égoïstes de l'humanité ne font pas sauter le verrou du Droit...

Que Mireille Delmas-Marty, au nom de ses principes personnels, continue à croire à l'"absoluité" des principes juridiques, comme elle croit à celle du "catéchisme" universel, c'est son affaire, mais ce n'est pas LA Vérité "absolue" descendue sur Terre !

Dans notre monde, "TOUT" est relatif, "RIEN" n'est absolu !

Les puissants, qui nous gouvernent, devraient le méditer, ils nous "mentiraient" moins souvent, comme nombre de faits d'hier et d'aujourd'hui suffisent à l'établir.

Ainsi, à propos de la période coloniale, par exemple, la "débilité intellectuelle" de l'époque est même parvenue à faire croire jusqu'au sommet de l'Etat et de ses institutions, qu'une quelconque chose humaine pouvait contenir "exclusivement" du "contre", du négatif, des inconvénients...

Et ce sont les mêmes, qui décident et légifèrent sur la disponibilité, ou non, de notre corps en matière d'euthanasie, de gestation par mères porteuses, etc., en interdisant ici ce que d'autres Etats ont légalisé ailleurs (Belgique, Pays-Bas et Suisse, par exemple), et inversement en matière de peine de mort et d'interruption volontaire de grossesse !

Le jour, où les faiseurs d’opinion de la planète auront le courage et l’honnêteté intellectuelle de confronter leurs superstitieuses vérités "relatives partisanes" à LA Vérité absolue, le monde ne pourra que mieux s’en porter.

Oui, mais ne rêvez pas, c'est DEMAIN, toujours DEMAIN, seulement DEMAIN – à la saint Glinglin !

D’ici-là, les « vertueux » pourront continuer à prospérer sur leurs mensonges et leurs croyances au miracle, en « absolutisant le relatif », c’est-à-dire en présentant « fictivement » comme absolu, comme la réalité ou Vérité absolue, ce qui n’est que relatif…leurs dispositions juridiques, par exemple !