dimanche 4 novembre 2007

Romano Prodi recule devant les bloggeurs


Il renonce à "contrôler" la blogosphère Lire Rue 89

Le projet de loi prévoyait que chaque aspirant bloggeur devait déposer une demande dans une administration ad hoc , afin d'obtenir une concession (comme pour vendre des cravates sur un marché par exemple, ou pour créer un journal ou un label).
Evidemment , tollé général (l'Italie devient la Chine" etc...). De fait, ce qu'on ne peut empêcher il est vain de tenter de l'interdire (Les bloggueurs auraient contourné la difficulté en obtenant des hébergements à l'étranger)
Dommage


(personnellement je suis pour un tel contrôle

Avec un examen d'habilitation (dictée ou rédaction sans trop de fautes, afin que les usagers d'Internet cessent de massacrer notre langue)

Puis la signature d'une charte dans lequel le futur bloggeur s'interdit de diffuser des images pédophiles etc.. et de tenir des propos racistes, gratuitement injurieux ou dégradants contre des personnes privées ou des communautés. Tous les propos contre des idées étant bien entendu non concernés )

Qu'en pensez-vous?

Je sais que j'ai assez peu de chances d'être suivie...

7 commentaires:

Raphaël a dit…

Internet est une révolution qui comme toute révolution ne cesse de vouloir être contrôler... pas de Terreur avec internet même les chinois n'y arrive pas.

Jean-Baptiste Bourgoin a dit…

Ça c'est vraiment intéressant !

« De fait, ce qu'on ne peut empêcher il est vain de tenter de l'interdire (...) dommage »

Oui, c'est tout à fait vrai ! C'est un problème très moderne. "Cela n'a de valeur que parce que c'est applicable". C'est bien sur une erreur. Faut-il légaliser les violences quotidiennes à petite échelle (insultes etc.) sous prétexte que "l'on ne peut rien y faire ?". Non bien sur. L'important c'est que cela soit "politiquement" (au sens noble) mauvais.

C'est un mode de pensée quasi utilitariste qui a son "revers de la médaille" : si je puis techniquement appliquer la loi, techniquement interdire, alors je vais le faire quelqu'en soit les conséquences.

Même s'il est toujours possible d'obtenir un hébergement à l'étranger et donc d'échapper à une telle loi, ce n'est pas pour autant qu'elle n'a pas de sens, à défaut d'avoir une utilité.

Signer une charte serait un acte "symbolique", ou plutôt un acte de "foi", une promesse. Acte profondément politique !
Si je ne fais confiance à personne, comment faire tenir les hommes ensemble ?

Signer une telle charte serait un engagement moral, politique.

Partir du principe que cela n'a aucune valeur puisqu'il est facile de contourner l'obligation qui nous tient à cette promesse, c'est saper les fondements de toute politique.

Signer une charte publique, connue de tous, est vraiment une bonne idée.

Le tollé d'une telle loi, la manière dont il est advenu, serait-il une preuve supplémentaire de l'agonie de la politique, de sa signification, dans nos sociétés ? Perte de la confiance en autrui, mais aussi d'un certain "monde commun" ? Perte du sens profond de l'expression "donner sa parole" ?

P.S. : il y a toujours quelque chose de prétentieux dans de tels discours "critique", voire même "alarmant". Comme si finalement "je savais mieux que les autres" ! J'espère que vous m'excuserez. Cependant il me semble important de "sonner l'alarme" quand quelque chose semble ne pas "tourner rond". Si la sonnerie n'est pas justifiée, au pire c'est notre amour propre qui est blessé. Mais si par précaution pour notre amour propre nous nous interdisions de sonner l'alarme, et que nous finissions par laisser le monde aller à sa perte, les conséquences seraient infiniment plus grave.
On se moque souvent des "annonciateurs de l'Apocalypse", et c'est souvent justifié, mais laissons-leurs le mérite de nous mettre en éveil.
Je pense ici à Finkielkraut (mais pas seulement), régulièrement moqué pour ne pas avoir Internet, haïs pour certaine de ses convictions, ce "nouveau réactionnaire". Il est facile de se moquer, mais si certaines de ses craintes se vérifient (et c'est à mon avis déjà le cas pour certaines d'entre elles), nous pourrons le remercier de nous avoir prévenu en prenant le risque d'être traîné dans la boue.

Si quelque chose ne pas dans l'espace publique, n'est-ce pas notre rôle de laisser notre Moi au vestiaire et de sonner l'alarme ?

Lhansen-Love a dit…

Oui, cher JB, mais je ne sais pas si nous avons la moinde chance d'être entendus..
En ce qui concerne la dictée, je n'étais pas tout-à-fait sérieuse.
Quant à la charte pour les blogeurs..
Ce serait interprété comme un intolèrable entorse au principe de la libre expression..
Et puis rien ne pourra empêcher les forums totalement incontrôlés..
On ne sait même pas empêcher les sites néo-nazis, les ventes d'organes sur Internet etc.. alors?

Anonyme a dit…

"Il n'y a plus de choses dans l'univers d'Internet, il n'y a plus que des informations et des images. Vivre parmi les non-choses : tel est le sort commun."

Alain Finkielkraut

Jean-Baptiste Bourgoin a dit…

"Ce serait interprété comme un intolérable entorse au principe de la libre expression... "

Oui. Une liberté que l'on paie par un grand asservissement : celui de ne plus être entendu.

Internet est-il structurellement conçu pour encourager l'écoute et le dialogue ? Je ne crois pas. Il fut conçu pour transmettre des bits de données. Mais cela a déteint : dans nos sociétés dites de l'information, le savoir prend la forme de ces données qui circulent d'un point A à un point B, C etc.

Dans ce schéma, la personne humaine est superflue.

Il y a bien une "netiquette" qui fut écrite par les pionniers du Net. Mais je ne crois pas qu'elle réponde aux problèmes posés actuellement par Internet. Il faudrait imaginer une législation spécifique à ce Réseau, mais qui serait légitime pour l'écrire ?

C'est un problème complexe qui a des répercussions à l'extérieur du Réseau. Mais l'inverse est également vrai. C'est peut-être sur ce point qu'il faut agir.

Anonyme a dit…

"Puis la signature d'une charte dans lequel le futur bloggeur s'interdit de diffuser des images pédophiles etc.."
N'est-ce pas déjà le cas ? Il me semble que lorsque l'on crée un blog, on doit cocher une certaine petite case pour montrer que l'on est en accord avec le "règlement" de la plateforme.
Peut-être n'est-ce pas ce que vous appelez une charte ?

En ce qui concerne la dictée avant de pouvoir ouvrir un blog, l'idée me parait plus que saugrenue et en même temps... Il est tellement usant de lire des articles cousus de fautes qu'après réflexion... Un petit test pour évaluer l'orthographe ou la syntaxe des bloggers ne serait pas du luxe.

Lhansen-Love a dit…

mon idée de dictée, c'était pour rire, parce que cela me paraît peu réaliste.
En ce qui concerne la charte des bloggers, si j'en ai signé une, je ne m'en suis pas aperçue!
Toujours est-il qu'il existe des blogs dont la raison d'être, est d'exprimer la haine de ... x ou y.
Qui peut empêcher cela? Rien ni personne!
mais quelle importance....