vendredi 13 mars 2009

La grande démagogie


Qui a vu hier "La grande librairie" ?

Une des questions posées aux invités était:

"Quel est le livre de (grande) littérature que vous n'avez pas du tout aimé ?" (sous-entendu : "on a bien le droit de ne pas aimer les grandes oeuvres consacrées - mon goût vaut bien le vôtre")

Et deux écrivaines-pétasses (Chloe et Clara) sans s'être consultées ont cité Rousseau!!!!!!!!!!!!!!!!!!

"J'ai détesté les Confessions", dit l'une

"Je hais la Nouvelle Héloïse" dit l'autre..

Arguments : "il est prétentieux", "il aime les fessées mais ne l'avoue pas", "il a abandonné ses cinq enfants" - et j'en passe ("il parle de lui à la 3 ième peronne, c'est Alain Delon avant la lettre"..)
Merci à Beigbeder d'avoir défendu Rousseau (très cher, très génial et incomparable Rousseau)
et à Douglas Kennedy - par ailleurs- pour sa présentation de Richard Yates, l'auteur des Noces Rebelles, la Madame Bovary du Vernont.
Le même jour j'ai lu que l'on se réjouissait de l'entrée à l'Académie française de Jean-Loup Dabadie car "en le récompensant on récompense le public qui a aimé ses films". (De même qu'en refusant un César à Danny Boon, on blesse le public qui a plébiscité les "Ch'tis")
Bref, aujourd'hui seul le public est en mesure de décider de ce qui est recevable ou pas en littérature et dans tous les domaines.
De ce point de vue, Rousseau est à jeter, cela ne fait aucun doute!

2 commentaires:

Pierre a dit…

J'ai l'impression que vos réflexions rejoignent la question de la majorité ; est-ce parcequ'un président emporte la majorité qu'il est nécessairement le plus apte à diriger le pays?
seulement le domaine de la politique est-il comparable à ceux de la littérature, du cinéma, des arts?
Dans tous les cas, il me semble que la majorité représente tout de même une force ayant une certaine légitimité et donc qui appelle à une certaine considération...

Lhansen-Love a dit…

mais non! en politique on ne demande pas aux gens de se prononcer sur ce qui est vrai ni sur ce qui est beau. Mais on leur demande de se prononcer sur ce qu'ils croient être la volonté générale.
Ou autrement dit, ils se prononcent sur la question de savoir qui défend le mieux leurs intérêts.Ce n'est pas du tout la même chose!